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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 09:46

Ce livre a été écrit par deux auteurs : Marie Balmary  psychanaliste  et Daniel Marguerat théologien. Ce ne sont pas des prosélytes, ils ne cherchent pas  à convertir, ce sont seulement des intellectuels qui font une exégèse de la Bible.

Le titre : « Nous irons tous au paradis » est évidemment  inspiré   par la chanson de Michel Polnaref :   « On ira tous au paradis , toi et moi,

                                              Qu’on soit béni , qu’on soit maudit,

                                               On ira tous au  paradis. »

Chaque coauteur donne son  point de vue sur le Jugement dernier. Et tous les deux nous montrent l’évolution  de la notion d’Enfer depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours.

Daniel  Marguerat nous parle des tympans d’Autun, de Vézelay, de Moissac, de Conques où des flammes dévorent des corps tordus de douleur, où des monstres hideux mangent des cadavres disloqués ,où des démons répugnants font rôtir des hommes , des femmes et des enfants . C’était au Moyen-Age, dans une  ambiance de guerres, d’épidémies, de famines, de mort. Dans une angoisse perpétuelle. Cette idée se trouve  non seulement dans les sculptures mais aussi dans les opéras de Mozard, de Verdi , de Berlioz.

Mais l’exégèse de Daniel  Marguerat  et de Marie  Balmary montre clairement que ni les tortures, ni les souffrances, ni le Purgatoire ne sont mentionnés dans les Ecritures saintes . Les Evangiles font allusion à l’Enfer mais ils ne décrivent jamais les punitions  des damnés. Matthieu, d’ailleurs, dans son évangile parle d’un dieu ayant une infinie compassion,  « un dieu qui fait lever le soleil  et tomber la pluie sur les justes  et sur les injustes. »

Paul, lui aussi minimise les destructions  infernales. D’après lui, au jugement dernier seules les parties mauvaises de l’individu seront brûlées , le « moi » sera mis  à l’abri. Le dieu  d’amour passe avant le dieu juge.

Et puis les deux auteurs  nous font remarquer que l’Eglise actuelle ne nous parle plus des  tourments de l’Enfer. Le dieu qu’elle présente n’est plus un dieu vengeur, mais un dieu d’amour.

Nos deux auteurs nous disent enfin que la croyance au jugement dernier avait cependant un aspect positif. L’enfer c’était le destin des méchants ; c’était une protestation contre le Mal ; c’était croire  aux valeurs  de justice, de paix, de respect de l’homme. Ce  n’était pas abandonner  le monde au pouvoir de domination. C’était résister.

Ils terminent en posant cette question :   « Le jugement dernier a-t-il vraiment disparu ou s’est-il transformé, s’est –t-il métamorphosé ? Si le dieu-gendarme des siècles passés est mort, les questions  du mal et de la responsabilité restent posées. Ils se demandent si l’enfer qui ne serait plus le fait de Dieu , ne serait-il pas maintenant  le fait des hommes ? N’est-ce pas lui qui a fait se révolter la terre qui se venge avec des inondations, des tsunamis, des pluies diluviennes, des séismes, des explosions de centrales  atomiques ? Une terre qui ne punit plus seulement les méchants mais qui infligent une peine à tout le monde, une peine collective. L’Enfer existe bien encore.

 

 

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Published by mesecrits-vains - dans religion
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