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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 07:04

 

chaume 2C'était une chaumière sur le bord du chemin; le toit était couvert de fougère séchée que des rameaux de saule fixaient solidement. Dans la cour exiguë quelques poules grattaient sur  le tas de fumier; à côté, le chanvre rouissait dans une mare stagnante.  Devant cette demeure assis sur un  billot , on pouvait voir un homme, vieux , courbé , misérable ; ses bras étaient musclés et sillonnés de veines comme pour témoigner d'une vie de labeur et d'une force humaine  respectée par les ans.  Il s'appelait  Benoît et cet homme pleurait . Ici, chacun savait. Benoît avait deux fils Bertrand et François. L'aîné était parti, on l'avait emmené , il était aux galères. Le père l'imaginait sur un bateau du roi où la vie des forçats est pire que l'enfer, où les hommes enchaînés sont trop souvent fouettés si l'effort fourni  n'est pas assez intense . C'était payer bien cher pour un larcin commis !  Qu'avait-il donc fait pour mériter ainsi un châtiment si dur ? Prendre un lièvre au collet dans un bois du seigneur , est-ce une grosse faute ? Est-ce vraiment si grave de chercher à manger quand on a tout vendu ce que l'on pouvait vendre, oeufs , poulets , quelques fruits, pour payer aux "Estats" cette taille qui va sans cesse  en augmentant , au clergé , cette dîme que l'on prend dans vos champs et au seigneur le cens ? Et pourquoi seul, un homme aurait-il droit de chasse ? Ainsi Benoît pensait au devant de sa porte.

   Non loin de là, se dressait fièrement le château  de St Pal, une demeure solide, toute de pierres jointes, une bâtisse  immense, construite par les manants qui vivaient alentour ,édifice orgueilleux, symbole de puissance qu'on n'osait contester.

     Vers la fin juillet ,se tint la "louée" sur la  place du village et tout près du manoir. Des campagnes voisines, les faucheurs arrivaient avec leur faucille; chacun venait offrir sa force, son travail contre  quelques piécettes . Les riches laboureurs achetaient  pour quinze jours , pour un mois ,ce "bétail humain" qui devrait travailler de l'aube au crépuscule. Benoît état là malgré son grand âge avec son fils cadet qu'on appelait François. Tous deux étaient assis à l'écart , en retrait de la foule. Ils attendaient qu'on vînt leur demander la force de leurs bras . Il n'était point besoin, pour eux ,  de s'exhiber  car ils étaient connus et l'on viendrait  à eux.  La foule était très dense et le bruit important. Les clameurs du marché s'entendaient de fort loin et pouvaient bien troubler  le calme du château qui était là tout proche.

  Un  homme d'armes arriva sur la place publique porteur d'un message du maître du manoir . Il fallait tout de suite cesser ce grand tapage car tout ce bruit d'enfer  dérangeait  les nobles habitants  du château de St Pal. Quelques uns obéirent  mais le bruit continua. L'homme se fit menaçant: "Les hommes  les plus bruyants seraient châtiés bientôt." Mais sa voix porta mal , on ne l'entendit point . Alors on put voir , à la grande fenêtre qui ouvrait sur la place, le seigneur de St Pal armé d'une arquebuse, tout rouge de colère  et qui vociférait : "Ah ! je vais vous faire taire, bande de misérables !" Là-dessus, il tira. Le silence se fit d'une façon soudaine et quelqu'un s'écroula dans une mare de sang. On accourut pour voir et c'était François, le frère de celui qui ramait  aux galères.

  Le vieil homme , Benoît,n'avait plus d'enfants. Alors une colère  indomptable  s'empara de ce père plongé dans la douleur. On le vit courir  la faucille à la main, courir vers le château qui n'était point fermé. Il traversa les salles, les unes après les autres, en renversant les gardes qui voulaient l'arrêter car était né en lui une force terrible qui le transformait en géant invincible. Il découvrit enfin le seigneur dans une salle, derrière une tenture et tout tremblant de peur. La rencontre fut brève. La faucille s'éleva et tournoya dans l'air, une tête tomba , et roula sur le sol, éclaboussant  de sang les hôtes de ces lieux. Le seigneur criminel était mort, à présent. Benoît  s'étant vengé  s'enfuit dans la campagne . Qu'advint -il de lui  ? On le sut jamais.

 C'était une chaumière sur le bord du chemin; le toit était couvert de fougère séchée que des rameaux de saule fixaient solidement. Dans la cour exiguë quelques poules grattaient sur  le tas de fumier; à côté, le chanvre rouissait dans une mare stagnante.  Devant cette demeure assis sur un  billot , on pouvait voir un homme, vieux , courbé , misérable ; ses bras étaient musclés et sillonnés de veines comme pour témoigner d'une vie de labeur et d'une force humaine  respectée par les ans.  Il s'appelait  Benoît et cet homme pleurait . Ici, chacun savait. Benoît avait deux fils Bertrand et François. L'aîné était parti, on l'avait emmené , il était aux galères. Le père l'imaginait sur un bateau du roi où la vie des forçats est pire que l'enfer, où les hommes enchaînés sont trop souvent fouettés si l'effort fourni  n'est pas assez intense . C'était payer bien cher pour un larcin commis !  Qu'avait-il donc fait pour mériter ainsi un châtiment si dur ? Prendre un lièvre au collet dans un bois du seigneur , est-ce une grosse faute ? Est-ce vraiment si grave de chercher à manger quand on a tout vendu ce que l'on pouvait vendre, oeufs , poulets , quelques fruits, pour payer aux "Estats" cette taille qui va sans cesse  en augmentant , au clergé , cette dîme que l'on prend dans vos champs et au seigneur le cens ? Et pourquoi seul, un homme aurait-il droit de chasse ? Ainsi Benoît pensait au devant de sa porte.

   Non loin de là, se dressait fièrement le château  de St Pal, une demeure solide, toute de pierres jointes, une bâtisse  immense, construite par les manants qui vivaient alentour ,édifice orgueilleux, symbole de puissance qu'on n'osait contester.

     Vers la fin juillet ,se tint la "louée" sur la  place du village et tout près du manoir. Des campagnes voisines, les faucheurs arrivaient avec leur faucille; chacun venait offrir sa force, son travail contre  quelques piécettes . Les riches laboureurs achetaient  pour quinze jours , pour un mois ,ce "bétail humain" qui devrait travailler de l'aube au crépuscule. Benoît état là malgré son grand âge avec son fils cadet qu'on appelait François. Tous deux étaient assis à l'écart , en retrait de la foule. Ils attendaient qu'on vînt leur demander la force de leurs bras . Il n'était point besoin, pour eux ,  de s'exhiber  car ils étaient connus et l'on viendrait  à eux.  La foule était très dense et le bruit important. Les clameurs du marché s'entendaient de fort loin et pouvaient bien troubler  le calme du château qui était là tout proche.

  Un  homme d'armes arriva sur la place publique porteur d'un message du maître du manoir . Il fallait tout de suite cesser ce grand tapage car tout ce bruit d'enfer  dérangeait  les nobles habitants  du château de St Pal. Quelques uns obéirent  mais le bruit continua. L'homme se fit menaçant: "Les hommes  les plus bruyants seraient châtiés bientôt." Mais sa voix porta mal , on ne l'entendit point . Alors on put voir , à la grande fenêtre qui ouvrait sur la place, le seigneur de St Pal armé d'une arquebuse, tout rouge de colère  et qui vociférait : "Ah ! je vais vous faire taire, bande de misérables !" Là-dessus, il tira. Le silence se fit d'une façon soudaine et quelqu'un s'écroula dans une mare de sang. On accourut pour voir et c'était François, le frère de celui qui ramait  aux galères.

  Le vieil homme , Benoît,n'avait plus d'enfants. Alors une colère  indomptable  s'empara de ce père plongé dans la douleur. On le vit courir  la faucille à la main, courir vers le château qui n'était point fermé. Il traversa les salles, les unes après les autres, en renversant les gardes qui voulaient l'arrêter car était né en lui une force terrible qui le transformait en géant invincible. Il découvrit enfin le seigneur dans une salle, derrière une tenture et tout tremblant de peur. La rencontre fut brève. La faucille s'éleva et tournoya dans l'air, une tête tomba , et roula sur le sol, éclaboussant  de sang les hôtes de ces lieux. Le seigneur criminel était mort, à présent. Benoît  s'étant vengé  s'enfuit dans la campagne . Qu'advint -il de lui  ? On le sut jamais.

 

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