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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:14

 

L’attitude de Bernard est prédéterminée par la famille  et par la société. La notion de famille ,l’intérêt  de la famille  priment sur l’individu qui obéit aux conventions familiales et sociales . Ainsi les mariages sont souvent arrangés  pour agrandir les domaines et sans tenir compte  des sentiments . C’est ainsi que Bernard voudrait que sa demi-sœur , Anne , se marie avec Deguilhem car  il a de belles forêts de pins ,  mariages arrangés  pour  aussi maintenir  ou accroitre son niveau social  .  On obéit  aux conventions sociales qui  dictent  la  conduite à suivre.

Cette attitude est consciente de la part de Bernard : il parle patois, il a les manières des métayers pour ne pas trahir la terre qui est ,pour lui , l’unique bien de ce monde.

Dans cette société  -la notion d’honneur est exacerbée,    C’est ainsi que Bernard, mais aussi  le père de Thérèse  et toute la famille, ils  sont  tous persuadés de la culpabilité de Thérèse , mais ils  préfèrent  apporter des  faux témoignages  au procès  plutôt que d’accepter que le nom des Desqueyroux soit sali .                                                                     

  Dans cette société le libre arbitre  et la personnalité de Bernard  sont beaucoup diminués.. Son individualité disparait. Sa pensée est en réalité  celle des  autres. Ses actes  sont  en quelque sorte dictés par l’environnement sociétal, par l’intérêt économique.  il est victime de son milieu. Et la responsabilité  de ces actes est beaucoup  diminuée.

Parlons de Thérèse Desqueyroux. Son  comportement  a peut être son origine  dans son enfance mal aimée . Dès son plus jeune âge , elle est orpheline de mère et son père  M Laroque, maire et conseiller général  est très occupé par  son usine de traitement de la résine  à St Clair  et par son désir de devenir sénateur. Elle a donc  manqué d’amour  maternelle et paternel  dans son enfance.

Son comportement  peut  aussi s’expliquer aussi  par l’échec de son mariage ;  un mariage  sans amour,  avec un mari égoïste, qui ne s’est jamais mis à la place d’autrui, préoccupé uniquement  de son nom, et quil regrette  de n’avoir qu’une fille qui fera perdre le nom de Desqueyroux, préoccupé aussi  de sa santé  , de sa fortune , de sa caste  et de chasse à la palombe ; un mari bien inférieur  à Jean Azévédo, ami d’Anne  et dont elle admire l’intelligence.   -une vie qu’elle ressent inutile, une vie de néant, une vie d’ennui  ,de solitude et d’isolement  à Angelouse, une vie absente  de toute haute tâche, de tout devoir supérieur. Une vie de mensonge qui incite Bernard à exiger de sa femme après le procès, d’aller avec lui  à la messe le dimanche  et à la foire locale ,  pour faire croire aux gens  à leur  bonne entente.

-un mariage qu’elle ressent comme une perte de personnalité  Elle  n’existe plus par elle-même . A cette époque , la femme mariée est en tutelle de son mari. Ellle n’a pas l’administration  de ses biens personnels, pour les vendre , il faut que le mari donne son autorisation ,( vente  des parcelles de pins) Et quand elle est enceinte , elle n’est  considérée  que comme le réceptacle  de l’enfant qui perpétuera la famille.

Un mariage qu’elle considère  comme une prison aux barreaux innombrables  et vivants et aux murs tapissés  d’yeux  et d’oreilles. Ce qui la conduit  à rêver  qu’elle est incendiaire.

 Alors elle a soif de liberté Elle veut vivre pleinement sa vie. Elle souhaiterait  être sans famille  et de choisir elle-même sa famille. Son attitude s’inscrit  dans le mouvement féministe  (le MLF ) :  Thérèse est une femme qui veut exister par elle-même , qui veut être heureuse en amour, qui veut être libre et égale à l’homme indépendemment de la fortune de chacun. Bien qu’Azévédo  soit pauvre , elle l’admire pour  son intelligence.

Il semble que Thérèse Desqueyroux souffre d’un dédoublement de personnalité

Elle ne sait pas pourquoi  elle a empoisonné  son mari , comme si  ce n’était pas elle qui l’ait fait . Son  acte n’est pas prémédité . C’est le point de vue  de François Mauriac exprimé dans un de ces écrits de 1983

Sans la justifier , sans la juger,  on peut comprendre son  geste,

-en ne considérant pas son crime   isolément, mais comme  les conséquences  irréductibles , inévitables  d’un ensemble  formé de multiples éléments  interdépendants  et qui  constituent la vie de Thérèse ;

-en donnant la primauté  au tout  sur la partie,

-la primauté  aux  relations  qui unissent les faits  plutôt qu’au fait lui-même . C’est le point de vue holiste.

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