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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 07:09

Dans ce dernier livre, Hubert Reeves nous fait connaître l’histoire de la terre et l’importance du hasard dans la formation de notre globe. Voici les idées que j’ai retenues .

Nous avons de la chance que les neutrinos  aient existé. Au moment  du Big Bang, dans   l’espace  galaxique , il s’est formé essentiellement de l’hélium. En se condensant, ce gaz a formé des étoiles. Et dans le cœur de ces étoiles  de puissantes réactions nucléaires  ont donné naissance aux noyaux des atomes  de carbone, d’azote,  et d’oxygène. Mais ces atomes n’avaient pas suffisamment  de force pour être expulsés du brasier  nucléaire ; ils étaient prisonniers. Mais parmi ces  atomes se trouvaient les neutrinos qui ayant une très grande énergie ont pu  s’échapper du  brasier , entraînant avec eux les atomes de carbone, d’azote et d’oxygène.

Ces atomes se sont associés au  hasard pour former des solides dans l’univers ; solides  groupés en nébuleuses contenant de la matière et de l’antimatière.

Nous avons de la  chance que l’espace galaxique il y ait eu plus de matière que d’antimatière car ces deux types de particules, quand elles se rencontrent se détruisent  pour donner naissance  à de la lumière .  Il y eut un excédent de matière  qui s’aggloméra  pour former des planètes.

Ensuite , un hasard  heureux a permis la naissance  de notre système solaire. Si les forces  nucléaires avaient été plus intenses, tout l’oxygène de l’air se serait transformé en hélium et il aurait  ni soleil , ni eau , ni vie.Si les forces nucléaires avaient été plus faibles les noyaux atomiques se seraient désintégrés et la matière eut été radioactive empêchant toute vie. Si la force de la gravité avait été plus forte les étoiles se seraient transformées en trous noirs. Si la force de la gravité avait été plus faible il n’y aurait pas eu  non plus de galaxie, pas d’étoiles. Nous devons donc notre existence à un équilibre des forces nucléaires et de gravité .

Nous avons la chance d’avoir un champ magnétique et des éruptions  volcaniques. Ces phénomènes proviennent des explosions d’étoiles de la voie lactée , il y a plus de quatre milliards d’années . Ces explosions ont libéré des éléments radioactifs (uranium, thorium, calcium) qui se retrouvent dans le noyau terrestre où ils se désintègrent en provoquant une chaleur  voisine de 6000 degrés en faisant apparaître le champ magnétique terrestre.

Le champ magnétique est une chance  car nous sommes perpétuellement bombardés par des rayons  cosmiques issus des explosions d’étoiles et du vent solaire. D’ailleurs , les hôtesses de l’air ont un temps limité  dans les avions  car elles sont très exposées aux UV nucléaires. Le champ est un bouclier qui nous protège en détournant une grande partie  de ce terrible bombardement. La lune et Mars n’ont pas de champ magnétique à cause de leur faible volume : 1/50ème  de la terre pour la lune et 1/10  pour Mars. Ce faible volume a permis un refroidissement plus rapide  et le feu interne s’est éteint donc plus de champ magnétique.

Les éruptions volcaniques  ont été utiles au moment de la formation de la terre car elles ont dégagé  de grosses quantités de CO2 or les plantes ont besoin de CO2  pour leur photosynthèse. Il est vrai que le CO2 actuellement  est trop important. Il est responsable  en partie du réchauffement  climatique, de la fonte des glaces, de l’acidification des océans mais s’il n’avait pas été là , la température moyenne de la terre  serait de moins quinze degrés. Toute eau serait  gelée et il n’y aurait pas de vie.

Nous avons la chance de nous trouver à une distance du soleil   qui permet à la terre d’avoir une température moyenne de 15 degrés. Si nous étions aussi près du soleil que Mercure  la température serait de plus 180°. Si nous étions  aussi  loin du soleil  que Pluton  la température serait  de moins 220°.

Nous avons la chance d’avoir une couche d’ozone à 50 km de la terre. L’ozone provient de la transformation par les U.V de l’oxygène  diatomique O2 en une molécule triatomique 03. L’ozone est aussi un bouclier qui comme le champ magnétique  arrête une grande partie des UV, ce qui rend la vie possible.

Nous avons la chance que des météorites  aient apporté de l’eau et des gaz  qui ont permis le développement de la vie. Ces météorites étaient  énormes et leur impact a fait incliner l’axe terrestre alors les saisons apparurent. La météorite qui  est tombée  dans le golfe du Mexique à Chicxulub , il y a 65 millions d’années a fait disparaître le dinosaures  dont le nombre  et la faim dévorante limitaient l’expansion des petits mammifères.

Et puis progressivement , la vie a engendré  de  nouvelles vies, de nouvelles espèces en faisant  croître l’oxygène atmosphérique.  Au début  de la terre, il y avait peu d’oxygène atmosphérique mais les  êtres vivants (les  algues  et les bactéries)  en se nourrissant  de minéraux terrestres ont rejeté de l’oxygène dans l’air. Quand le taux d’oxygène  a atteint 1%, alors apparurent les cellules  à noyau  central contenant un génome qui a permis  l’évolution des espèces. Puis, à 5% d’oxygène, les cellules  se sont  associées   pour former des êtres vivants de grandes dimensions mais la vie restait aquatique. A 15% d’oxygène , les êtres vivants  se sont nantis de  poumons et la vie terrestre a été possible.  Voilà résumés les points importants de ce que Hubert Reeves  a appelé : « La belle  histoire »

 

Notes :  Un génome est un ensemble de gènes (25000) portés par les chromosomes.  Un gène est un segment d’ADN.

ADN ,Acide  Désoxyribo Nucléique , enroulé en double ruban.

.

 

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:39

Albert Camus : Le mythe de Sisyphe

C’est un essai  sur l’absurde.

Il existe  plusieurs légendes mythologiques relatives à Sisyphe.  En voici une :

Homère nous raconte que Sisyphe avait enchaîné la Mort. Hadès , le roi des Enfers  voyait son empire vide , alors Hadès  dépêcha Arès , le dieu de la guerre   pour délivrer  la Mort des mains  de Sisyphe. Ce qui fut fait . Et Sisyphe fut condamné par les dieux  a, sans cesse, rouler un rocher  jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait de son propre poids.  C’était un travail inutile et sans espoir. Voilà la légende . Reste à expliquer son symbolisme.

Mais avant ,faisons une remarque .Dans ce récit , il est question des dieux grecs Hadès et Arès ; il est question aussi des Enfers. Cela pourrait nous inciter à penser que Camus a partie liée  avec le religieux. Il n’en est rien.  Camus était incroyant . Il ne pardonnait pas au christianisme le scandale  du Mal. Lors d’une conférence,  à Paris , dans le quartier  de la Tour Maubourg, devant des dominicains qui l’écoutaient , il lança : « Je partage avec vous la même terreur du mal,  mais je ne partage pas votre  espoir  et je continue  à lutter contre cet univers où des enfants souffrent et meurent ». Il parle de cet espoir qui nous fait accepter les mauvais moments, la misère  et la souffrance en contrepartie  d’un au-delà meilleur. Cependant  , Camus n’était pas d’un athéisme  pur et dur. Il avait , vis-à-vis du christianisme une attitude  d’ouverture et de tolérance . Il trouvait dans cette religion des valeurs qu’il partageait. Il avait aussi de bonnes relations  avec des  amis  qu’il considérait comme de vrais catholiques .

Camus a illustré son propos  par cette légende de Sisyphe , mais dans son petit ouvrage , il décrit d’autres situations absurdes :

- l’habitude dérisoire résumée en trois mots : métro, boulot, dodo ;

- la souffrance o combien  inutile,

-les gestes répétifs et mécaniques qui  vous transforment en zombie ;

-la mort  inéluctable  mais qui n’empêche  pas la terre de tourner et qui donne conscience de l’inutilité de la vie ;

- Je cite   «  le désir de gagner le plus d’argent possible pour vivre heureux . Tout l’effort et le meilleur d’une vie se concentrent  pour le gain  de cet argent. Le bonheur simple est oublié. Le moyen a été pris  pour la fin » ;

Des situations  insensées comme celle d’un homme qui attaque une batterie de mitrailleuses avec une arme  blanche ..

Revenons  à Sisyphe. Le rocher lui a demandé  beaucoup d’efforts. Sisyphe est exténué quand il arrive au sommet de la montagne. Et voilà le rocher qui dévale la pente. Lui aussi redescend puis  fait une pause et il  pense. Sa raison  s’oppose au rocher, ce rocher qui symbolise toute la création. Il a conscience de l’absurdité de sa situation.

Mais le symbole du mythe a une plus grande  portée  et pour ne pas trahir la pensée de Camus  je  cite une de ses phrases célèbres : « L’absurde nait  de cette confrontation  entre l’appel humain  et le silence déraisonnable  du monde. »

L’appel humain  , c’est la recherche d’un sens  à la vie , la recherche de la raison d’exister. C’est répondre à la question : «  Pourquoi vivons-nous ? »

Le silence déraisonnable du monde. Déraisonnable  car en dehors de la raison. Aucune voix, aucune réponse  à dimension humaine car Sisyphe ne comprend que le langage humain. Les religions sont exclues car leur réponse n’est pas à dimension humaine.

Alors Sisyphe ne sait pas si la vie à un sens. Si, elle en a un, il lui est incompréhensible. C’est    «  le silence déraisonnable du monde » d’un monde absurde où vivent des hommes absurdes. Sa conscience fait vivre cette absurdité  et la maintient .

Sisyphe ne peut échapper  à cette absurdité  car il faudrait  donner un sens à la vie  ou faire  taire l’appel humain.

Pour donner un sens  à la vie, il faudrait accepter les religions et les dieux mais cette réponse  n’est pas du domaine  de la raison, mais de la croyance.  Or raison et croyance  sont indépendantes. Pour un esprit absurde la raison  ne sert à rien et il n’y a rien au-delà de  la raison. De plus  accepter la religion ; c’est se résigner  à attendre un au-delà  heureux ,  c’est étouffer sa raison, c’est dévaluer  son attitude ,c’est un peu  perdre sa dignité.

On pourrait donner un sens à la vie en faisant des projets, en ayant un but,en croyant que l’on peut se diriger. Mais tout cela se trouve démenti d’une façon vertigineuse  par l’absurdité   d’une  mort certaine. Pour Sisyphe et donc pour Camus, l’homme n’a pas de futur, seul le présent compte .

On pourrait donner un sens à la vie en faisant taire  l’appel humain par le suicide. En effet , je cite :   « le suicide résout l’absurde »  Mais le problème n’est pas de détruire la vie mais de détruire l’absurde, lui trouver des solutions.  De plus le suicide  c’est la résignation ;or  il ne faut point se résigner mais se révolter. D’ailleurs l’absurde génère de l’énergie , celle qui permet à Sisyphe de toujours remonter le lourd rocher. Et cette énergie repousse le suicide.

Alors  Sisyphe  remonte sa pierre  éternellement  en étant révolté  contre ce travail absurde.

Sisyphe nous fait  comprendre :

 qu’il y a pas de solution,

que la vie n’a pas de sens,

 qu’il faut rester lucide  au  milieu de ce qui nie la vie,

qu’il faut  continuer courageusement  et sans désespérer  remonter notre pierre bien que l’on n’en soit jamais satisfait .

 

Et ainsi , rester digne et  trouver alors un semblant  de bonheur, ce qui fait dire à Camus : «  Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:11

 

 

soulage-L’artiste  est Pierre  Soulage , né en  1919 ,s’il n’est pas mort , il a 93 ans.

Il a dû s’adapter au bâtiment existant.  Il n’avait  pas  la liberté  du peintre devant sa toile.  Il fallait tenir compte de l’existant.                                                                                                                                         

Soulage l’a dit lui-même  «  C’est  le monument qui m’a poussé à faire ce que  j’ai fait.. Le vitrail ne cherche  pas  à se faire voir lui-même mais à faire voir l’architecture de l’abbatiale et donc de montrer  ce que les anciens de la région avaient  fait, en quoi , ils étaient d’excellents   architectes de la lumière et de l’espace. »                                                           

 Et pour cela Soulage  a  fait simple  pour que le regard  ne soit pas accaparé par le vitrail  au détriment  du bâti.

Il a du travailler dans une abbatiale  donc une église à l’usage , entre autre, des religieux qui connaissent évidemment l’histoire  sainte  et n’ont pas besoin d’une catéchèse sur les vitraux  pour leur apprendre. Il avait en cela la même idée  cistercienne  que St Bernard, donc  il a  réalisé  des vitraux  simples comme ceux  de  l’église cistercienne  d’Obazine.

Il fallait tenir  compte  des exigences  religieuses. «  Je suis la lumière du monde »  c’est une parole de Jésus rapportée   par l’apôtre  Jean dans son évangile. Donc faire entrer  le maximum de lumière possible.

Il fallait rester dans la ligne de pensée   du constructeur  de cette égliseIl avait créé 104 baies  pour rechercher la lumière. Ce souci de lumière se trouve  aussi dans les dimensions des baies. Elles sont plus grandes  au Nord de la nef  et dans le bras sud  du   transept.

Mais Soulage  s’est imposé lui-même des contraintes

Il voulait  que le monde de la  lumière  (celui des vitraux ) s’oppose  à l’opacité  des murs ; que la légèreté de ce monde  de lumière   contraste avec la lourdeur des murs

Il  voulait satisfaire ces exigences  tout en veillant  à ce  que le vitrail joue  son rôle de frontière, de clôture entre le monde profane extérieur et le monde sacré  de l’église ;

Il dit lui-même :« Le vitrail fait mur  »

Mais le vitrail devait rester lui-même. C’est pour cela que les découpes du verre  sont obliques ,s’opposant ainsi aux  verticales et horizontales de la maçonnerie.

Il voulait aussi que les vitraux  ne décolorent pas  la  lumière naturelle qui est chargée de mystères. Sinon  l’ambiance   eut été artificielle. Il fallait  donc  des vitraux peu colorés ,monochromes,  opalescents comme  l’albâtre  qui habille  les baies de l’église de Ronceveaux. Il fallait encore qu’ils soient translucides , ; la transparence  aurait fait pénétrer  le monde profane   dans le site sacré.

Alors il a choisi un verreconstitué de grains blancs répartis au hasard   dans la matière.  Les rayures sont réfléchies différemment   par chaque  point et la lumière devient vivante et prend des teintes  subtiles , de plus les  vitraux sont opalescents  de teinte  légèrement bleutée.

On peut aimer ou ne pas aimer  ces vitraux  mais il reste

Que le vitrail est un objet vivant :la lumière varie dans  l’église avec l’heure du jour, avec  les mois de l’année, avec  les saisons. Elle marque le  parcours du soleil  et l’écoulement  du temps.   C’est la raison pour laquelle  les vitraux de  Soulage   ne peuvent  être valablement  photographiés . La photographie  fixerait seulement  un des nombreux aspects du vitrail  dont la  réalité  est plus complexe .

Soulage est arrivé  à créer une ambiancegrave, majestueuse, solennelle. Et depuis que ces vitraux sont installés le nombre de visiteurs ne cesse de croitre.

Cette lumière vibre, se  module sous les yeux du spectateur.  Elle  rayonne  et conduit au  recueillement  et à l’ouverture sur  l’éternité  et le salut.

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 10:19

   numérisation0001On constate sur le plan cadastral de Mozac que l'église n'est pas orientée  rigoureusement à l'Est mais que sa direction est légèrement Nord-Est, avec une déviation de 7 degrés au Nord. Essayons de donner une explication à cela.

Un seul jour de l'année, le soleil se lève rigoureusement  à l'Est géographique : c'est le 21 mars, jour de l'équinoxe  de printemps. A partir du 21 mars, toujours  au printemps , les levers successifs  du soleil sont de plus en plus au Nord,jusqu'au 21 ou 22 juin, date du solstice d'été. A partir du  22 juin, les levers du soleil ont toujours lieu au Nord-Est mais ils sont de plus en plus  près de l'Est géographique jusqu'au 21septembre, date de l'équinoxe  d'automne.Ainsi ,pendant  6 mois, du 22 mars au 22 septembre les levers du soleil  ont lieu au Nord-Est .

1ère hypothèse   Lors du tracé du plan, au début des travaux ,le maître d'oeuvre aurait visé le Nord-Est en se croyant à l'équinoxe . Mais de quel équinoxe s'agit-il , celui du printemps ou celui d'automne? Il n'est pas vraisemblable que le tracé , donc le début des travaux  ait eu lieu à l'équinoxe d'automne car l'hiver tout proche n'aurait pas permis  des travaux de longue durée.Donc le  tracé a du avoir lieu au printemps et  il y aurait là une erreur humaine.

2ème hypothèse   Le printemps dure 3 mois. Essayons d'être plus précis. Jusqu'en 1582 , le décompte des jours  se faisait avec le calendrier Julien qui retardait de 10 jours  sur notre calendrier  grégorien. Dix jours de retard sur une année , c'est 2,5 jours sur la durée du printemps. Or le lever du soleil  était proche du point équinoxial puique la déviation était seulement de 7 degrés donc  la visée a du avoir lieu au cours du mois de mars . Et l'erreur  serait une erreur de calendrier.

Que voilà  une précision peu précise !Alors que les historiens  donnent  pour date  de la fondation  du monastère  533 ou 680 en hésitant  sur une durée d'un siècle et demi ! 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 21:20

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La scène se passe sur la ligne des crêtes  qui sépare les vallées de l'Ance et de la Dore et au Siège de la Reine. Il est question de menhirs. Il en existe à St Pierre du Champ, à St André de Chalencon, au Monteil près de Chomelix, à St Jean d'Aubrigoux, à Craponne sur Arzon  et  enfin ,la Pierre levée de l'Argentière , à Beaune. De taille variant de un à deux mètres,ils sont souvent creusés au sommet  d'une cavité. Quant aux dolmens, citons celui de St Jean d'Aubrigoux,et la "Trialle " qui a cédé sa place à Meydeyrolles au monument aux morts....

 

On venait d'enterrer un homme de la tribu,un vaillant chasseur qu'un  vieux sanglier aux canines démesurées avait mortellement bléssé. Les jeunes l'avaient porté dans le dolmen où ils avaient repoussé  les os des ancêtres oubliés.  Ils avaient pris soin de placer le corps en position foetale pour que du ventre de la terre, le mort ressuscitât mais dans un autre monde.Autour,des armes , des outils ,des colliers  ,de la nourriture avaient été disposés afin que le défunt puisse se défendre, travailler,  se nourrir et dignement paraître dans l'au-delà.

         Un homme ! Un homme en moins ! Ils n'étaient pas si nombreux à vivre dans ces abris sous roche :quelques enfants échappés à la mort, des femmes très tôt vieillies,et cinq  ou six hommes hirsutes avec de grands yeux au regard intense.Encore n'étaient-ils  pas tous ingambes ; l'un d'eux souffrant  d'une fracture mal réduite  se traînait lamentablement; un autre perclus de rhumatismes,bien qu'il fût jeune ,  ne bougeait plus sur son lit de fourrures. Ils se ressemblaient tous, avec leurs narines largement ouvertes, leurs mâchoires violentes et leurs grosses arcades sourcilières  qui faisaient comme un bourrelet sur leurs visages  courts et larges.Aux cous se balançaient les pendeloques, les colliers de canines de loup portés en amulettes. Peu d'hommes , et pourtant  plus les chasseurs étaient nombreux  meilleure était la chasse . La nourriture suffisait à peine. Il restait un  peu de viande boucanée,des cuisseaux de cerf que le ruisseau refroidissait , des fruits sauvages-noisettes, glands et faînes -que les femmes avaient cueillis, des rayons de miel trouvés dans un tronc fourchu et de jeunes racines déterrées à la lisière d'un bois . Si les butins  ne s'amélioraient pas  ,les vivres manqueraient.

     La tribu s'était  établie dans un lieu élevé d'où les guetteurs pouvaient facilement voir  venir l'ennemi  ou les fauves redoutés.C'était la nuit . Un mur de feu entourait le village et la vestale Ea était chargée de le faire vivre en l'alimentant sans cesse de branches mortes. Le feu  ! C'était un morceau de soleil indispensable  à la vie. Il protégeait des  bêtes; il était source de chaleur et de lumière, il cuisait les aliments,  il durcissait  les épieux. Le feu  pour conquérir le monde ! Et bien qu'on sût  maintenant le créer  en frottant rapidement  deux morceaux de bois  sec , il fallait qu'il vive. La vestale le veillait.

        L'aube allait poindre  et comme  les jours précédents, Koûm, jeune homme  qui avait vu quatorze étés, sortit de sa demeure pour s'asseoir dehors, en attendant le lever du jour. Mais aujourd'hui , le froid de la nuit le pénétrait. Il rentra , évita les pierres du foyer éteint  et dans la pénombre , il aperçut  sur des fourrures,d'une fille endormie , le corps  nu et lové dont le formes juvéniles l'invitaient  à l'amour. D'un désir exacerbé par plusieurs jours d'abstinence  qu'il s'était  imposée,il refoula la violence  , non par ascèse  morale mais pour garder toute sa force d'émotion et toute sa puissance magique. Il s'arracha à ce spectacle  lascif, sortit rapidement  en jetant sur ses épaules une  peau laineuse. Il vint s'asseoir en face de deux menhirs plantés à proximité. Il attendait. Les flammes de l'anneau de feu  arrachaient  le camp  à l'obscurité,rendaient plus sombres les espaces éloignés et balançaient l'ombre démesurée de la vestale. Il n'avait point sommeil et devant son village endormi,il ressentait un sentiment d'orgueil . Il regardait les étoiles ,cette multitude d'yeux qui lui jetaient une lumière froide et qui dessinaient  des objets et des animaux fantastiques. La nuit s'étirait  paresseusement et n'en finissait plus de mourir. Enfin une faible lueur  éclaira l'horizon ,devint de plus en plus intense : le jour se levait. Le soleil apparut exactement  dans l'axe  des deux pierres  levées. C'était   ce soir   qu'il partirait .

       Quatorze  étés, Koûm commençait sa vie d'homme. Il allait  pouvoir se servir des armes,des harpons  à double barbelures,des piques, des bifaces de silex. Il allait affronter  des animaux dangereux qu'il tuerait pour nourrir le village. A la tombée du jour, il prit une lance à pointe durcie  au feu, une massue et un javelot. . Il partit. Sa route était tracée. La ligne des crêtes  était jalonnée de plusieurs feux.C'était les menhirs allumés. Visibles de très loin, il empêchaient de se perdre dans  la sylve touffue. Au passage  Koûm jetait  dans les cavités sommitales des boules de résine  pour ranimer  les flammes vacillantes. La route resterait  éclairée toute la nuit. Dans l'ombre ,les pierres levées accusaient leur forme phallique qui assurait la pérennité de la vie humaine et animale.  Il rencontra  des chasseurs, des jeunes comme lui qui suivaient  ce chemin pour la première fois ; d'autres plus vieux , habitués à marcher  dans ces sentiers  et à  organiser cette nuit d'initiation  et de magie .

          Tous ensemble , ils allèrent longtemps, toujours sur les sommets, d'une borne lumineuse à une autre jusqu'à ce que la ligne des crêtes s'infléchît   vers une nouvelle vallée plus grande que celle  où ils vivaient  et que les aînés  évitèrent pour se diriger vers un autre  versant où des flammes trouaient la nuit  et signalaient le site. Ils grimpèrent directement  à travers  la forêt pour déboucher  dans un espace vide, une clairière au sol  peu incliné  et dominée par un amoncellement de rochers. L'extrémité de l'un  portait un foyer de résine et de poix beaucoup plus important que ceux qu'ils avaient rencontrés . La nuit,  de cette grande flamme jaillissant du sommet d'une aiguille de granite,dans cet espace au sol nu, entouré par l'angoissante forêt , de ce lieu réservé aux rites ancestraux pratiqués depuis des siècles ,  rayonnait  une telle puissance  d'effroi  que la stupeur immobilisa Koûm venu ici  pour la première fois. Des inconnus se trouvaient là. Ils habitaient  sur l'autre pente de la vallée,  au soleil levant ou près des sources  de la rivière. Beaucoup de jeunes qui désiraient devenir de vrais chasseurs, tous animés par la volonté  d'acquérir une emprise sur l'animal  pour que leurs lances , leur pièges, leurs projectiles de silex  ne manquent pas leur but. Plus nombreux que les doigts de dix mains, avec leurs crânes ronds serrés dans des bandeaux  qui plaquaient leurs chevelures, avec leurs fronts fuyants , leurs gros yeux au regard profond, ils incarnaient une volonté farouche, celle de vaincre et de se vaincre pour être plus forts que la nature et pour la dominer . A leurs ceintures pendaient les haches et les couteaux, les bolas, ces frondes  qui s'enroulaient autour des pattes et les brisaient  . Ils étaient aussi armés d'épieux  à la pointe acérée, de gourdins  noueux et tenaient en leurs mains les coups-de poing, projectiles triangulaires  tranchants très efficaces  quand ils étaient lancés avec beaaucoup de force  . Les fourrures de toute la faune de la région servaient de vêtements. C'était des dépouilles de loup ,des toisons de chevreuil , dont on appliquait le poil directement  sur la peau, des cuirs de boeufs cousus avec des crins , des ligaments  ou des nefs ,des peaux de cerf que les aiguilles  d'os avaient transformés en manteau , en capuchons  capables de protéger des froids les plus  intenses.

        Près des rochers étaient entassés  des troncs de génévriers,  un  pour chaque homme . Maintenant ils s'en approchaient lentement. A la grande flamme , à tour de rôle,ils allumèrent leurs torches puis allèrent se ranger   en cercle ,  en contrebas . Aucun geste manqué, les jeunes imitaient les aînés et cet anneau d'hommes  brandissant leurs flambeaux  ,   avait quelque chose de sacré,d'envoûtant , lourd d'émotion  pour les néophytes.Puis le cercle avança vers son centre jusqu'à ce que  les épaules se touchassent. Il ne restait plus qu'un espace réduit . Cinq hommes parmi les plus musclés  confièrent leur lanterne à leur voisin puis se mirent  à creuser  au centre avec des omoplates qui  leur servaient de pelle.. La tache  allait bon train sans fatigue apparente. Un fosse apparaissait profonde et large . La terre n'était point laissée en talus  mais répandue sur le sol alentour. Puis le grand cercle  se reforma toujours éclairé  par les brandons qui  créaient des zones d'ombre et de  lumière  propices  à l'émotion magique. A nouveau , il y eut rupture de l'ordre circulaire, les hommes se rassemblèrent  par groupes  près des sacs de peaux  contenant de l'argile  ocre. Ils s'enduisirent  le corps pour dissimuler leur odeur, leur couleur  et leur qualité d'homme. Alors  commença une marche silencieuse et feutrée , à pas de loup, dos courbés et les mains touchant le sol comme pour mieux approcher l'animal ; puis ils pousuivirent une bête imaginaire en brandissant leurs massues , leurs harpons et leurs haches de silex, et  en lançant des cris gutturaux  de peur et de joie. Ils simulaient une attaque menée par les chasseurs ou par un fauve rendu furieux par ses blessures. Ce n'était  pas   seulement  une imitation, l'apprentissage  de gestes  favorables  à l'avance  dissimulée et  à la mise  à mort , mais une véritable chasse  où les participants , sous la puissance  du mimétisme  s'étaient transformés pour devenir des monstres  à mi-chemin  entre l'animal et l'homme.

     Bientôt la disposition en cercle en cercle reprit. Des têtes d'animaux circulaient  de mains en mains ; celle d'un loup au pelage  fauve dont les yeux  grand-ouverts  exprimaient encore toute  leur férocité, celle d'un renard, exhibant ses canines pointues, le crâne d'un taureau aux cornes solides  que Koûm regarda longtemps. Il le tenait près de lui  et anticipait l'acte de chasse, se voyait aux prises  avec ce quadrupède énorme qui le chargeait , mais il surmontait  sa peur instinctive , il le dominait, le tuait. Il y avait encore la hure d'un sanglier  au pelage brun  et pourvue d'un énorme boutoir ; les bois d'un vieux cerf qui suggéraient  l'animal entier. Les hommes poussaient  des cris rauques  , des cris d'animaux , des grognements  de quartannier, des hurlements de loup , des jappements de renard , des brâmes de  cerf.

           Enfin   on recouvrit de  branchages légers  la fosse  creusée  au milieu  de la clairière magique.  Puis les hommes  se dispersèrent  dans la forêt en élevant leurs torches  de génévriers  dont la flamme  brillante  éclairait  le moindre hallier.  Leur odorat subtil leur fit découvrir des laissées et leur perspicacité  des endroits  fouillés.  Un solitaire se vautrait dans sa bouge. Se voyant  débuché il partit   comme un éclair, mais une double rangée  d'hommes  se forma rapidement  obligeant  la bête  à aller  de l'avant, vers la descente. L'animal  effaré grognait méchamment , cherchait  à fendre  cette barrière humaine , cette multitude  de jambes  qui le privait de sa liberté. Progressivement  le couloir  des chasseurs  se  détruisait  en amont, se reformait   plus bas  pour canaliser l'animal. Profitant de la déclivité  du terrain  le sanglier essaya , dans une courbe de recouvrer   les grands espaces . Il fonça. C'était en direction de Koûm qui tressaillit  et devint blême malgré ses armes.  Très rapidement  le jeune chasseur revit l'homme  rapporté exangue , les membres déchirés , prêt à mourir. La scène se répétait   ; son coeur se mit  à battre très vite et très fort, à lui faire mal sous sa peau horripilée. Mais il se ressaisit  et planta son épieu dans l'épaule de l'ennemi qui  de plus en plus furieux changea de cap  en    marquant  son chemin de gouttes de sang. Les chasseurs refermant sans cesse le couloir, l'animal chuta dans la fosse

Alors  au milieu  des cris  des hommes  et des grognements  de colère du prisonnier, une danse  chantée commença. C'était comme un hymne , un chant guerrier au rythme  lent , une marche  grave au mouvement ample   et large qui s'accéléra pour se transformer  en une sarabande  joyeuse , en un galop rapide .  L'ivresse des cris et de la danse  groupait les désirs  identiques  en une  conscience  unique et magnifiait  la force de la communauté; et tous ces corps  où la sueur ruisselait, toutes ses têtes qui s'agitaient  n'étaient plus  qu'un seul corps, qu'une seule tête qui vibrait  au martèlement  de la multitude des pieds. Au comble  de l'exaltation ,les chasseurs se disposèrent  en deux cercles  :devant les jeunes , à l'arrière les anciens  et tous tenaient  d'une main  un épieu , de l'autre  une torche  résineuse . Un signal fut donné, les épieux s'abaissèrent  violemment vers la fosse et un  long cri de douleur déchira la nuit.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 10:24



 

"Bonne année 2018 ! dit Claude à son ami,

Que ta santé soit bonne et ta cave bien remplie! "

"Merci de tes bons voeux, je t'adresse les miens;

Mais tu es dans l'erreur ,c'est 2013 enfin !"

"Non ,non ,s'écria Claude , je m'en vais t'expliquer

Hérode et Jésus étaient contemporains,

Le premier, roi des juifs, par le Sénat romain 

Le deuxième serait roi, disait la loi sacrée.

Et Hérode avait peur d'être un jour détrôné,

  Tu as sans doute appris quand tu étais enfant

Cette horrible tuerie, massacre d'innocents

D'enfants de Bethléem, d'enfants jusqu'à deux ans ?  

Et fuyant  en Egypte , dans des bras maternels,

Jésus en réchappa quatre ans avant notre ère .

Et c'est Arthur Loth qui fixa ce repère.(1)

Et peu de temps après, Hérode enfin mourut 

C'était alors quatre ans , l'âge  de l'enfant  Jésus .

Et nous serions alors en 2017 ami !

Ecoute, écoute encore car j'ai bientôt fini :

Plus tard, l'abbé Denys  qualifié de Petit 

Fut chargé par le pape d'un difficile audit,

Il devait recompter tous les jours écoulés

Depuis les temps anciens où Jésus était né !

Il commença par un, pour la première année

Il eût fallu marquer non pas un mais zéro !

Son calcul supprimait toute une année entière

Alors je peux te dire,à coup sûr, aujourd'hui

Bonne année 2018 à toi mon cher ami !

 

                   Francis


 

     (1) archiviste  paléographe du XIXème siècle.

 


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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:49

 

Pâques

 

cloche 13

 

Guillaume était un homme pas toujours bien à jour !

De Pâques, il  ignorait la date cette année.

De lire,il ne pouvait sur le calendrier,

Car l'aimable facteur ne l'avait point porté.

Mais son ami lui  dit sur un ton officiel

"Dès  le 21 mars, vois la lune dans le ciel,

Attends qu'elle soit pleine, et qu'elle soit bien ronde;

Le dimanche suivant ,Pâques est pour tout le monde !"

 

         Francis

                    

                                                                                      (d'après lel Concile de Nicée de 325 après J.C)

 

                                 

 


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