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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:27

hector 3Jean Granet , était  officier de justice  en 1775 ;à l’époque  révolutionnaire  il aurait participé  à la destruction des  archives du château. Mais il était  aussi notaire . Il avait deux fils. A sa mort en 1835, son étude  a été  transmise successivement à son fils aîné , Jean –Pierre Agathe , à son petit fils puis à son arrière petit fils .Ce dernier s’appelait Charles et ce fut le dernier des Granet , notaire à Viverols  .Il exerçait  encore en 1939 et sa demeure est appelée actuellement la maison Granet.

Le fils puîné de Jean s’appelait Cumin. Il vécut de 1796 à 1886 . Il n’était pas notaire mais expert géomètre et greffier de justice. Son père lui avait acheté cette charge . La femme de Cumin  a été enterrée dans le cimetière de Viverols, dans un cercueil de bois. Cumin décida de lui  faire fabriquer une bière en zinc  et de faire  transférer  le corps  dans un terrain lui appartenant  situé à côté du cimetière  actuel de Viverols . Elle fut inhumée dans une cavité  accessible par une trappe située sous le bâtiment funéraire qui reçut ultérieurement la dépouille de Cumin dans l’alcool et celle d’Hector embaumé en 1925 .

Cumin avait  plus de quarante ans  en 1841, quand il  eut son  fils unique , Hector . Ce fils resta célibataire. Le père et le fils étaient  très liés. Ils allaient tous les deux  faire des bornages ,des arpentages ou des évaluations de biens en vue des partages. Sans doute Hector était-il de santé fragile  puisqu’il a été réformé au service militaire, en 1870. Le père mort, Hector vécut de ses rentes, , des locations  de ses propriétés agricoles et  de ses petits traitements de secrétaire de mairie et de juge de paix  dont il avait acheté la charge à trente-cinq ans moyennant la somme de 1200 F.

En 1885 , il confia  la construction d’un Mausolée au maçon Rivallier. Il fit de ce local un musée où il accumulait  toutes sortes de vieilles choses comme le sabre de Couthon  ou le calice du célèbre  prêtre réfractaire ,l’abbé Gonnet .

Au cours de sa vie , Hector , sans jamais  publier ,  a cependant  beaucoup écrit sur l’histoire locale. C’était là chose connue puisqu’à Ambert, lors de l’inauguration, du monument d’Emmanuel Chabrier, le ministre de l’Instruction  publique et des Beaux Arts l’avait nommé  officier d’Académie et décoré des palmes  académiques. Parmi ces écrits se trouve la description de la maladrerie de  Viverols. Elle se situait sur le chemin des Mas. Une croix  plantée sur une pierre levée la signale encore. On l’appelle la croix de l’Infirmerie . Une maladrerie  était un véritable cimetière pour les vivants.  Les  croisés avaient rapporté du Moyen Orient   une terrible affection : la lèpre. On ne savait  pas  soigner les malades mais on craignait  la contagion  alors on les éloignait du bourg au cours d’une cérémonie religieuse qui commençait dans l’église dont le chœur était tendu de  draps noirs et continuait  par une procession   qui accompagnait le malade  dans sa retraite .

A la mort de son père, Hector vécut seul jusquà sa mort (1925) dans sa demeure de Viverols en compagnie de sa gouvernante et de sa  meute de chats . On le disait distant. Il est certain qu’il avait des centres d’intérêt qui n’étaient pas ceux des habitants de Viverols.  Il était  croyant ,mais aussi superstitieux : pour lui les  revenants existaient . Ainsi quand il rendait visite  à son père dans l’alcool , il lui parlait. Il faisait aussi partie  de la confrérie  des pénitents blancs de Viverols . Il semblait  accorder beaucoup d’importance  à cette association, car dans le blason de  ses armoiries de part et d’autre  de son chiffre ,(deux lettres entrelacées H et G.) étaient représentés deux pénitents  tenant un bâton  ,symbole du grade de maître  du Gonfalon.

Hector parle aussi  dans ses mémoires de la confrérie des pénitents de St Anthème. Elle avait été fondée par le seigneur Balthazar de la Roue au  milieu du dix-septième  siècle. Le seigneur aurait fourni la chaux , le sable  et l’emplacement  pour la construction de la chapelle. Cette association  était  très appréciée des habitants puisqu’en 1659 elle groupait 840 personnes mais aussi des commerçants  qui se réjouissaient de l’afflux de  la clientèle.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 18:15

    Elle s'appelait  Jeanne. C'était une vieille  paysanne qui avait vécu sur la montagne. Veuve depuis longtemps,elle habitait  le bourg . Je lui rendis visite et je crus comprendre qu'elle aurait aimé revoir , la-haut, sa cabane fermée depuis plusieurs années. Je lui offrais la promenade  :nous partimes en voiture.

    La route traversa la forêt de pins et de hêtres et les immenses étendues  dénudées où poussent la bruyère,la gentiane et l'arnica. Au loin , comme des nains squelettiques, des arbres rabougris nous regardaient venir et les montagnes bombaient leurs dos nus en étalant leurs lourdes croupes en une répétition monotone. L'air vif  nous pénétrait, nous donnait un sursaut d'énergie comme si l'on eût brusquement rajeuni. Bientôt il fallut s'arrêter pour parcourir le sentier qui allait aux jasseries.

      Jeanne refusa l'aide  que je lui proposais pour descendre de voiture. Elle regarda le ciel où quelques nuages venus de la Dore cachaient l'horizon. Elle sentit  l'humidité de l'air et apprécia le vent. "Il ne  faudra pas trop  tarder , la pluie est pour bientôt !" Mais son pied froissait l'herbe  encore haute. Les bêtes auraient pu bien manger ! Toute cette étendue, c'était sa montagne. Elle en connaissait bien les  limites , les ruisselets et tous les noms de lieux ! Aujourd'hui elle aurait gardé dans ce creux, à l'abri du vent. Elle se voyait  avec son bâton et son chien ramenant les bêtes indociles, éprises de liberté.  Cours instants de rêveries !

     Puis Jeanne se mit à marcher  d'un pas  alerte. Ce n'était pas son allure  habituelle, mais ce retour vers le passé  semblait lui donner une nouvelle jeunesse. "Avec l' auto,nous sommes vite arrivés. Avec  les vaches , au  printemps, il fallait plus de temps  ! Mon homme venait aussi avec un attelage  tirant un tombereau lourdement chargé. Tous les ans, on montait  des matelas, des draps et des couvertures. Ici, tout se serait moisi. On faisait "suivre" les vêtements car c'est souvent la pluie et le froid. On apportait aussi  de quoi manger  : du cochon et des pommes de terre. On n'oubliait  pas les casseroles, le sel , le sucre et tout ce qu'il fallait pour se mettre en cuisine. Mes petits  venaient  avec moi. Ils passaient  tout l'été à la montagne, mais Pierre  redescendait."

      A l'approche de la maison, son allure changea . Ce n'était plus la marche rapide mais une suite de petits pas hésitants. Dans la cour elle s'arrêta. Elle resta là , immobile, un long moment. La maison et Jeanne s'étaient reconnues et elles se regardaient , l'une accusant  l'autre  de l'avoir abandonnée avec pour seuls  compagnons le vent,la pluie, la neige qui s'acharnaient à détruire. Un morceau de chaume manquait au toit, une pierre de la cheminée était tombée , une vitre avait été brisée ;le vent  peut être ou un enfant en mal de sottise....Cette cabane c'était elle-même et ces délabrements , elle les ressentait comme des plaies sur son corps . La pourriture qui rongeait le chaume c'était sa vieillesse  qui chaque jour diminuait ses forces. Les portes de l'étable et de la maison  étaient fermées sur son  passé,sur toute sa vie qui avait cessé   d'être. Elle était partie la dernière ; elle regrettait cependant, elle aurait dû  remonter  à l'été. Qu'importe qu'on l'eût trouvée morte.  C'est là qu'elle aurait aimé finir sa vie.

    Elle fit cependant les derniers pas  qui la séparaient de l'entrée,prit la clé dans sa poche,hésita encore quelques instants  puis se décida à ouvrir. Il faisait sombre dans cette pièce au plafond bas et l'air froid qui entrait par la vitre brisée donnait  une impression d'abandon.  Sur le crépi des  murs des taches d'humidité s'étalaient  et des moisissures finissaient  de décomposer le bois du lit-placard depuis longtemps vermoulu .

     Jeanne s'approcha de  l'âtre,déposa quelques branches et alluma le feu.La flamme  pétilla,s'éleva comme autrefois. Elle rajouta du bois. Ces gestes ,il lui semblait qu'elle les faisait encore hier. Ils étaient naturels. Rien n'était  oublié. Elle m'invita à m'asseoir à la table. Mais l'air s'engouffrait de plus en plus par le carreau brisé ; elle l'obstrua avec le couvercle de la baratte qu'elle cala avec un seau. Elle resta debout près de la fenêtre. Le sol a cet endroit de la pièce était planchéié; le reste était en terre battue. Elle m'expliqua qu'elle aimait bien être là. Tout en travaillant elle regardait  dehors. " Je voyais tout le monde; Benoît qui passait avec sa pioche pour faire des biefs. Marie et ses enfants , des râteaux sur l'épaule,allant  tourner le foin ; le petit d'Antoinette qui partait  à la chasse  aux oiseaux avec son lance-pierres.... Arrivaient aussi les marchands de pattes ou le boucher du Forez venu pour acheter des veaux . Souvent c'étaient les ramasseurs de fourmes. Ils étaient paysans et avec eux on pouvait perler du temps, des prix; mais ils savaient acheter,les malins !  On n'avait  pas toujours à vendre,mais on bavardait; ils apportaient les nouvelles ...Ah,on ne s'ennuyait pas !" Le vieux calendrier accroché au mur,des cartes postales envoyées  par des cousins, des journaux agricoles et un ouvrage de tricot aux feuillets cornés posés sur le rebord de la fenêtre montraient que cet endroit était un lieu de vie où l'on se plaisait à séjourner,attiré par la lumière  qui s'opposait à la pénombre de cet espace clos.

   Jeanne me quitta , me laissant seul à la table couverte  de la poussière de plusieurs années d'abandon. Elle était partie vers l'étable. C'était pour elle  l'âme de la maison. Le troupeau , elle en était fière. Elle seule le gardait , le soignait. C'était vraiment ses bêtes. Elle avait  grand ouvert les portes comme si le  bétail s'apprêtait à rentrer,mais le lumière éclairait des crèches vides,un plancher qu'on ne râclait plus,une rigole trop propre où l'eau de la serve  coulait encore.Au mur, le clou qui servait de patère ne portait plus le manteau de bergère.Elle tendit la main vers le chéneau pendu aux poutres. Elle allait tourner les fromages mais elle refoula son geste et ferma les portes de l'étable. Je l'entendis gravir lentement l'escalier de la grange. Dans cette réserve à foin régnait  une odeur  de terre humide ,d'humus en décomposition. Par les planches disjointes et le morceau de toit sans chaume,un peu de lumière passait et laissait voir la charpente que les moisissures avaient noircie. Une planche céda sous  ses pas. Jeanne avança avec prudence.Des effilés de  foin pendaient ça et là: ce n'était plus une grange mais un espace vide et mort. Bientôt le "couvert" partirait,il n'y aurait plus de plancher, plus d'étable , plus rien!

       Elle traversa la maison sans paraître me voir, ouvrit la porte du cavon et disparut dans l'obscurité. On entendait  nettement l'eau couler dans le bac; puis il y eut un bruit de seau, un  clapotis comme si l'on eût mis du lait à refroidir. Une porte tourna sur ses gonds: Jeanne était dans la cave. Un froid humide la fit tressaillir et bien que l'obscurité fût totale,elle vit sur les rayons une multitude de fourmes alignées . Il y en avait qui commençaient à persiller de bleu,d'autres devaient être là depuis quatre à cinq mois car "elles prenaient le rouge" en emplissant la cave d'une odeur suave et forte. Comme d'habitude ,elle allait les retourner. Elle tendit la main mais ne saisit rien. Alors elle s'enfuit,  revint à la salle commune,hébétée et comme surprise de ma présence.

       Elle resta un moment vers l'âtre qui s'éteignait. Elle semblait regarder les braises qui fumaient faiblement . Elle était immobile et sa pensée devait remonter le temps et lui faire mal. Elle n'en fit rien paraître quand  elle vint s'asseoir  à la table.Et comme je regardais un outil fait d'une rondelle de bois percée de trous et muni d'un manche,"C'est l'afrénê,me dit-elle,pour casser le caillé; et là  c'est la selle-fromagère . " Je compris que ces objets servaient  à la fabrication des fourmes. Avec le premier,on devait émietter le fromage, le second était une petite table basse, légèrement inclinée creusée  d'une rigole pour l'écoulement du petit lait. Au fond de la pièce, sur un rayon,on voyait des seaux,des pots à lait,des faisselles de bois avec leurs  couvercles ; une partie de la place n'était pas occupée,  on devait poser là , les fourmes à vendre.

       Jeanne ne semblait plus vouloir  parler. J'étais un intrus qui violait ses secrets , un étranger venu pour satisfaire une curiosité malsaine, pour mettre à nu un passé douloureux,pour rire peut -être  de cette vie simple qu'elle avait aimée  et qu'on ne pouvait pas comprendre. Elle n'aurait jamais dû me faire entrer. La visite était teminée. Jeanne referma la porte comme on ferme  une tombe et partit sans se retourner. Je respectais son silence. Et pendant que nous allions à la voiture la pluie se mit à tomber.  

   


     


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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 14:38

 

     pelou3.jpg     Il arriva près d'une colline. C'était, en réalité , un petit volcan péléen qui avait perforé l'épais manteau de granite  du sous-sol  comme un fleuve vertical jailli  des profondeurs   terrestres pour cracher son basalte noir plus dur que l'acier. L'appareil éruptif était détruit mais,  semblable à un arbre dépourvu de branches au  tronc immense et caché, il plongeait ses racines multiples  dans le magma profond, au contact du feu. Cette puissance souterraine qui sans doute vivait encore et qui pouvait se ranimer,l'émerveillait , le subjuguait,le laissant immobile pendant de longs instants .

       Les hommes croyaient maintenant la dompter en l'attaquant avec leurs engins mécaniques ,mais ils  n'effleuraient qu'une mince couche épidermique du volcan. La pierre noire fondue dans la fournaise du centre de la terre, était concassée puis enrobée de goudron et servait de tapis routier  dans la campagne alentour. C'était un immense chantier avec des perforatrices qui préparaient les trous de mines, des pelles capables  d'engloutir dans leur gueule géante  deux mètres cubes de lave, un  concasseur affamé  de magma qu'il avalait  à longueur de journée, qu'il broyait avec ses dents d'acier et recrachait sous forme de billes de gravier et de gangue  accumulées  en terrils  autour desquels stagnait un brouillard  minéral de pyroxène  éclairé par des paillettes de feldspath miroitant au soleil. Le va-et-vient des camions  lourdement chargés, des bulldozers  poussant devant eux des masses énormes d'éboulis ,les échappements des compresseurs,le claquement des mâchoires  des concasseurs ,les explosions des mines suivies du fracas des blocs qui s'écroulaient , tout cela créait  une vie d'enfer dans un brouillard poussiéreux  imprégné d'une âcre odeur  de poudre et d'huile brûlée.

         Le soir venu et la journée  finie, le tumulte cessait, la nature redevenait elle-même et l'air était  à nouveau respirable : le volcan apparaissait alors dans toute sa beauté. Dynamité, dévoré par les haveuses ;c'était une grande paroi verticale hérissée de milliers d'orgues pointées vers le ciel comme des épées de géants ou semblables aux dents d'un monstre de l'abîme.

         Alors, avant de partir, il ferma les yeux  et,  du  plus profond  de lui-même,surgit un vaste tableau. Dans la quiétude vespérale, son esprit divaguait, remontait les millénaires jusqu'à ce que  la montagne hercynienne se plissât lentement et  que le sous-sol tremblât. Le Forez se  soulevait, se gonflait  puis s'effondrait en morceaux  . Enfin cette petite colline sortait de la terre  pour devenir ces prismes pentagonaux, ce verre noir semé de microlithes que l'oeil discernait à peine.

         Au fond, tout au fond, c'était l'alchimie : les métaux fondaient ,la silice se combinait au fer, l'alumine et le magnésium s'amalgamaient,bouillonnaient  à deux milles  degrés. Le volcan vivait, pétrissant un mortier de lave incandescente, qui créerait l'incendie et l'agonie d'un monde. Et puis c'était l'attente, le silence inquiétant , une stupeur profonde . Les oiseaux se taisaient  et fuyaient la forêt, avertis qu'une chose grandissait  dans la terre, avertis par leurs ailes, per leurs plumes , par leur bec, par une odeur magmatique inconnue . Les abeilles délaissaient le creux des arbres et les rayons de cire garnis de miel blond. Les rongeurs affolés couraient dans tous les sens. L'herbe se flétrissait ,brûlée par un soleil qui venait de la terre. Les arbres sentaient la chaleur  interne d'une effroyable haleine qui brûlait leurs racines. Comme le bruit de l'ombre, un râle souterrain  hurlait. La nuit des profondeurs poussaient devant elle une lave brûlante et destructrice, une fureur, un tonnerre qui soulevait la montagne pour calciner une vie condamnée.Et tout disparaissait. De ce jaillissement  immense de chaleur, des bulles de vapeur s'élevaient dans le ciel avec des turbulences et d'énormes volutes noires torsadées en surface. Un gigantesque nuage au-dessus du volcan. Un nuage qui bourgeonnait ,s'enflait,coloré de noir et de reflets sanglants. Des éclairs d'où jaillissait la foudre. Le nuage , le volcan. Combat de deux géants qui se jetaient du feu. Venait enfin la pluie diluvienne,comme pour éteindre cet immense brasier. 

          Bientôt le rêve devenait fiction. D'une main divine sortaient  impétueusement  d'immenses jets fertilisants projetés par dessus le volcan et qui transformaient la lave stérile en champs  de blé, en ceps de vigne chargés de lourdes grappes prometteuses d'abondantes vendanges. Sur un monde mort naissait un nouveau monde.

          Mais le rêve cessait, il fallait rentrer. Déjà , à louest, les dernières lueurs du soleil couchant s'éteignaient ; la nuit tombait, plongeait dans l'ombre les engins mécaniques qu'on oubliait, effaçait tout détail et simplifiait le paysage  qui prenait l'aspect d'un décor de théatre. Au ciel , les constellations  traçaient leurs figures géométriques , une lune de cuivre baignait de sa lueur blafarde l'immense paroi  de basalte en soulignant les orgues d'une ombre de fusain. Les hululements sinistres des rapaces nocturnes  trouaient le silence des ténèbres en se réfléchissant sur la paroi rocheuse.


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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 14:12

 

 

 

 

 

jasserie 2-copie-1Aux asseries, de l'eau, il y en a partout ! Elle sort du sol en de multiples  sources qui s'écoulent en ruisselets sillonnant l'herbe rase. Il est rare qu'elle stagne,mais vers les Bazannes il existe des narces qu'il vaut mieux contourner pour ne pas patauger dans une boue gluante. Partout l'eau court; entre les mottes,elle fuit , elle va vers le sud et prend des noms rustiques :le ruisseau de Genêt;  des noms bibliques comme l'Enfer;ou bien s'appelle l'Ance. La rivière de Pierre Brune venue de Garnier et le Lignon du col de la Chamboite ,elles, descendent vers la Loire. L'eau coule aussi sur le versant d'Ambert, c'est la Fourchade  qui nous vient des Supeyres, le Vertolaye qui jaillit tout près de la Richarde.

    Ces petits ruisselets naissent sur les sommets. La terre garde pour eux l'eau des pluies , de la neige, du brouillard et des rosées  pour ne la redonner que progressivement. Les jasseries sont le pays de l'eau.

    Cette eau , il la fallait . Un système complexe la menait jusqu'à nous. Elle était à tous , elle n'était à personne. Chacun pouvait la prendre  mais non l'accaparer. Toutes les jasseries d'un même hameau se groupaient  sur un même niveau. L'eau arrivait en suivant les béals, à l'arrière des maisons.

     Du béal, par un bief, l'eau venait  à la serve. On ne laissait passer que le dû de chacun selon que l'on avait plus ou moins de bétail. La serve, trou profond, derrière le bâtiment,alimentait un bac dans un coin du "cavon", mais elle servait surtout  à nettoyer l'étable. Un conduit traversait le mur. Et le bondo entouré de chiffons fermait le passage de l'eau. Deux fois par jour, on prenait le riêble pour racler les vaches et  tirer les bouses dans la rase ; puis on lachait la bonde. L'eau s'engouffrait dans l'étable,rapide comme un torrent , suivait l'allée centrale,entraînait le fumier , gagnait  le descendé allait à la fumée. Des mottes de terre lui barraient des  passages . Alors l'eau se dirigeait vers la levée choisie  pour s'étaler enfin dans l'herbe à irriguer.

     Chacun avait son eau,chacun avait son champ et la montagne pour tous. On s'entendait très  bien et on s'aidait parfois.Et avant la montée des troupeaux, dès le printemps venu, tous les hommes, à la jaille, nettoyaient les passages de l'eau.

      L'un d'eux cependant oubliait souvent le jour convenu du travail en commun .C'était notre Baptiste. Il avait toujours des raisons fort  valables , soit qu'il fût malade, soit qu'on l'eût appelé  pour "tirer le veau" ,juste au dernier moment. Rares étaient les années où il était présent. De plus, Baptiste, s'il allait au village, il n'en disait mot, pour ne pas rapporter les menues provisions dont on l'aurait chargé. Inutile d'aller  lui emprunter de l'huile,il venait juste de finir la bouteille, ou du pain , il n'en avait plus.

      Vint une année très sèche. Dans les champs s'était tu  le murmure de l'eau. Les  béals étaient presque muets. Très peu d'eau pour chacun. A peine pouvait-on encore laver les seaux . Baptiste eut une idée : pendant plusieurs nuits ,il détourna le peu d'eau vers sa serve. Il put continuer comme par le passé à nettoyer l'étable. Il y eut des reproches, des paroles un peu vives. Cela ne suffit pas. Baptiste continua  au mépris des voisins.

      Un jour  cependant la pluie ressuscita les sources, gonfla les ruisselets et remplit  tous les biefs. Il y en eut pour Baptiste , il y en eut  pour les autres... De l'eau , de l'eau partout !

      Vers la fin juillet, pour faner les fumées, les hommes vinrent  aux jasseries. De nuit ,ils dirigèrent toute l'eau  vers la serve de notre cher Baptiste , bouchèrent son "descendé". Sa serve s'emplit  très vite. Elle déborda  bientôt , devint un petit lac derrière la maison. Le bondo s'arracha de lui-même : et voilà , dans l'étable toute l'eau qui s'étale, tourbillonne , se mélange au fumier  , se mêle  à la paille,cherche un passage, entre dans la maison,renverse la burrère , la selle fromagère , remplit  tous les seaux vides,s'insinue dans l'archou, y mouille les habits ; De l'eau ! Ah , croyez-moi,Baptiste en eut  son saoul ! 

 

 

Vocabulaire vernaculaire:

archou : coffre à habits;

Bazannes : nom d'un rocher dressé au-dessus de la lande ;

bief :petite tranchée dans le sol pour acheminer l'eau ;

béal:  tranchée  plus importante . Même rôle;

bondo : pièce de bois fermant la sortie d'une retenue d'eau;

burrère : baratte ;

cavon : pièce basse où le fromage s'affine ;

(le) descendé : canalisation à ciel ouvert conduisant l'eau  à la fumée ;

fumée :pature qui reçoit le fumier , située en aval de la jasserie ;

narces :endroit spongieux

jaille :  pioche à réaliser les biefs ;

levée : espace où l'eau se dirige ;

rase  :caniveau

selle fromagère : meuble servant à la fabrication du fromage ;

serve :  pièce d'eau en amont de la jasserie .


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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 07:04

 

chaume 2C'était une chaumière sur le bord du chemin; le toit était couvert de fougère séchée que des rameaux de saule fixaient solidement. Dans la cour exiguë quelques poules grattaient sur  le tas de fumier; à côté, le chanvre rouissait dans une mare stagnante.  Devant cette demeure assis sur un  billot , on pouvait voir un homme, vieux , courbé , misérable ; ses bras étaient musclés et sillonnés de veines comme pour témoigner d'une vie de labeur et d'une force humaine  respectée par les ans.  Il s'appelait  Benoît et cet homme pleurait . Ici, chacun savait. Benoît avait deux fils Bertrand et François. L'aîné était parti, on l'avait emmené , il était aux galères. Le père l'imaginait sur un bateau du roi où la vie des forçats est pire que l'enfer, où les hommes enchaînés sont trop souvent fouettés si l'effort fourni  n'est pas assez intense . C'était payer bien cher pour un larcin commis !  Qu'avait-il donc fait pour mériter ainsi un châtiment si dur ? Prendre un lièvre au collet dans un bois du seigneur , est-ce une grosse faute ? Est-ce vraiment si grave de chercher à manger quand on a tout vendu ce que l'on pouvait vendre, oeufs , poulets , quelques fruits, pour payer aux "Estats" cette taille qui va sans cesse  en augmentant , au clergé , cette dîme que l'on prend dans vos champs et au seigneur le cens ? Et pourquoi seul, un homme aurait-il droit de chasse ? Ainsi Benoît pensait au devant de sa porte.

   Non loin de là, se dressait fièrement le château  de St Pal, une demeure solide, toute de pierres jointes, une bâtisse  immense, construite par les manants qui vivaient alentour ,édifice orgueilleux, symbole de puissance qu'on n'osait contester.

     Vers la fin juillet ,se tint la "louée" sur la  place du village et tout près du manoir. Des campagnes voisines, les faucheurs arrivaient avec leur faucille; chacun venait offrir sa force, son travail contre  quelques piécettes . Les riches laboureurs achetaient  pour quinze jours , pour un mois ,ce "bétail humain" qui devrait travailler de l'aube au crépuscule. Benoît état là malgré son grand âge avec son fils cadet qu'on appelait François. Tous deux étaient assis à l'écart , en retrait de la foule. Ils attendaient qu'on vînt leur demander la force de leurs bras . Il n'était point besoin, pour eux ,  de s'exhiber  car ils étaient connus et l'on viendrait  à eux.  La foule était très dense et le bruit important. Les clameurs du marché s'entendaient de fort loin et pouvaient bien troubler  le calme du château qui était là tout proche.

  Un  homme d'armes arriva sur la place publique porteur d'un message du maître du manoir . Il fallait tout de suite cesser ce grand tapage car tout ce bruit d'enfer  dérangeait  les nobles habitants  du château de St Pal. Quelques uns obéirent  mais le bruit continua. L'homme se fit menaçant: "Les hommes  les plus bruyants seraient châtiés bientôt." Mais sa voix porta mal , on ne l'entendit point . Alors on put voir , à la grande fenêtre qui ouvrait sur la place, le seigneur de St Pal armé d'une arquebuse, tout rouge de colère  et qui vociférait : "Ah ! je vais vous faire taire, bande de misérables !" Là-dessus, il tira. Le silence se fit d'une façon soudaine et quelqu'un s'écroula dans une mare de sang. On accourut pour voir et c'était François, le frère de celui qui ramait  aux galères.

  Le vieil homme , Benoît,n'avait plus d'enfants. Alors une colère  indomptable  s'empara de ce père plongé dans la douleur. On le vit courir  la faucille à la main, courir vers le château qui n'était point fermé. Il traversa les salles, les unes après les autres, en renversant les gardes qui voulaient l'arrêter car était né en lui une force terrible qui le transformait en géant invincible. Il découvrit enfin le seigneur dans une salle, derrière une tenture et tout tremblant de peur. La rencontre fut brève. La faucille s'éleva et tournoya dans l'air, une tête tomba , et roula sur le sol, éclaboussant  de sang les hôtes de ces lieux. Le seigneur criminel était mort, à présent. Benoît  s'étant vengé  s'enfuit dans la campagne . Qu'advint -il de lui  ? On le sut jamais.

 C'était une chaumière sur le bord du chemin; le toit était couvert de fougère séchée que des rameaux de saule fixaient solidement. Dans la cour exiguë quelques poules grattaient sur  le tas de fumier; à côté, le chanvre rouissait dans une mare stagnante.  Devant cette demeure assis sur un  billot , on pouvait voir un homme, vieux , courbé , misérable ; ses bras étaient musclés et sillonnés de veines comme pour témoigner d'une vie de labeur et d'une force humaine  respectée par les ans.  Il s'appelait  Benoît et cet homme pleurait . Ici, chacun savait. Benoît avait deux fils Bertrand et François. L'aîné était parti, on l'avait emmené , il était aux galères. Le père l'imaginait sur un bateau du roi où la vie des forçats est pire que l'enfer, où les hommes enchaînés sont trop souvent fouettés si l'effort fourni  n'est pas assez intense . C'était payer bien cher pour un larcin commis !  Qu'avait-il donc fait pour mériter ainsi un châtiment si dur ? Prendre un lièvre au collet dans un bois du seigneur , est-ce une grosse faute ? Est-ce vraiment si grave de chercher à manger quand on a tout vendu ce que l'on pouvait vendre, oeufs , poulets , quelques fruits, pour payer aux "Estats" cette taille qui va sans cesse  en augmentant , au clergé , cette dîme que l'on prend dans vos champs et au seigneur le cens ? Et pourquoi seul, un homme aurait-il droit de chasse ? Ainsi Benoît pensait au devant de sa porte.

   Non loin de là, se dressait fièrement le château  de St Pal, une demeure solide, toute de pierres jointes, une bâtisse  immense, construite par les manants qui vivaient alentour ,édifice orgueilleux, symbole de puissance qu'on n'osait contester.

     Vers la fin juillet ,se tint la "louée" sur la  place du village et tout près du manoir. Des campagnes voisines, les faucheurs arrivaient avec leur faucille; chacun venait offrir sa force, son travail contre  quelques piécettes . Les riches laboureurs achetaient  pour quinze jours , pour un mois ,ce "bétail humain" qui devrait travailler de l'aube au crépuscule. Benoît état là malgré son grand âge avec son fils cadet qu'on appelait François. Tous deux étaient assis à l'écart , en retrait de la foule. Ils attendaient qu'on vînt leur demander la force de leurs bras . Il n'était point besoin, pour eux ,  de s'exhiber  car ils étaient connus et l'on viendrait  à eux.  La foule était très dense et le bruit important. Les clameurs du marché s'entendaient de fort loin et pouvaient bien troubler  le calme du château qui était là tout proche.

  Un  homme d'armes arriva sur la place publique porteur d'un message du maître du manoir . Il fallait tout de suite cesser ce grand tapage car tout ce bruit d'enfer  dérangeait  les nobles habitants  du château de St Pal. Quelques uns obéirent  mais le bruit continua. L'homme se fit menaçant: "Les hommes  les plus bruyants seraient châtiés bientôt." Mais sa voix porta mal , on ne l'entendit point . Alors on put voir , à la grande fenêtre qui ouvrait sur la place, le seigneur de St Pal armé d'une arquebuse, tout rouge de colère  et qui vociférait : "Ah ! je vais vous faire taire, bande de misérables !" Là-dessus, il tira. Le silence se fit d'une façon soudaine et quelqu'un s'écroula dans une mare de sang. On accourut pour voir et c'était François, le frère de celui qui ramait  aux galères.

  Le vieil homme , Benoît,n'avait plus d'enfants. Alors une colère  indomptable  s'empara de ce père plongé dans la douleur. On le vit courir  la faucille à la main, courir vers le château qui n'était point fermé. Il traversa les salles, les unes après les autres, en renversant les gardes qui voulaient l'arrêter car était né en lui une force terrible qui le transformait en géant invincible. Il découvrit enfin le seigneur dans une salle, derrière une tenture et tout tremblant de peur. La rencontre fut brève. La faucille s'éleva et tournoya dans l'air, une tête tomba , et roula sur le sol, éclaboussant  de sang les hôtes de ces lieux. Le seigneur criminel était mort, à présent. Benoît  s'étant vengé  s'enfuit dans la campagne . Qu'advint -il de lui  ? On le sut jamais.

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 14:03

 

 

 

chateau.jpg  Il domine le village de ses ruines majestueuses et romantiques, entouré de grands  frênes au feuillage abondant .

Des gens viennent là se promener,  surtout les désoeuvrés qui chaque été errent sur routes et chemins , stagnent aux terrasses des cafés pour user leurs vacances tant désirées  et si encombrantes.  Ils aiment à flâner sur  le chemin tracé  sur les anciennes douves de la forteresse. Le château est aussi  le rendez-vous des amoureux ,des jeunes , bien sûr ,avec cependant , du moins dans le passé, quelques exceptions célèbres.  Pour disposer d'un coin tranquille, à l'abri des regards indiscrets,  il suffit  d'écarter  les orties et quelques chardons. Il arrive bien parfois que les tendres épanchements  se terminent par  une démangeaison  urticante mal placée ou par la douleur aiguë provoquée par une épine de chardon plantée  dans des endroits charnus; mais ce n'est là que le prolongement  d'un moment agréable passé dans la nature.

   Au bord des ruines, on a installé un superbe  jeu de boules  pourvu d'un éclairage et correctement ombragé . Là, des retraités et beaucoup d'estivants se retrouvent  pour perfectionner leur tir en étanchant leur soif.

    Le jour de la fête,  le château sert de décor à un feu d'artifice. C'est le clou de la saison, le spectacle à ne pas manquer. Il y a toujours des mauvais plaisants dans la foule, qui poussent des cris d'admiration , surprenants, intempestifs, si forts  et si souvent répétés que l'on peut douter de leur sincérité . Le public apprécie ce chef d'oeuvre qu'on pourrait voir ailleurs , certes , mais qui est ici de bonne venue .La soirée se termine par l'embrasement du château: ce sont des feux  multicolores disposés aux pieds  des murs qui donnent l'impression d'incendie. Rares occasions où les flammes dévastatrices  n'inspirent pas l'horreur mais un sentiment  esthétique pour les uns et pour d'autres la satisfaction  de voir disparaître un monde féodal, un groupe social  vivant  de loisirs et de luxe aux dépens  des plus humbles toujours  au travail.

Il était dommage que l'attention soit  attirée sur ces vestiges moyenâgeux seulement à l'occasion de la fête votive.De telles ruines méritaient de jaillir de la nuit  d'une façon permanente , aussi a-ton installé  un ensemble de projecteurs puissants  pour tirer de l'obscurité l'imposante forteresse.  Cependant , c'est  pour certains un gaspillage que d'illuminer ces ruines de plus en plus croulantes; pour d'autres ,au contraire, ardents défenseurs du château, cette lumière d'or augmente l'afflux touristique et apporte au pays de multiples bienfaits.

     Mais que l'on  vienne , la nuit, d'Usson , d'Ambert ou d'Eglisolles  , la silhouette  féodale  surgit  de l'ombre dans une clarté prestigieuse que les feuillages  teintent d'un vert agréable au regard. Le spectacle est féérique  comme la toile de fond  d'un drame shakespearien.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 17:42

 

 

 

 

 

 

 

pierre

   Celestin  était mort depuis longtemps déjà mais l'on se rappelait son amour de l'argent. Au café , il n'ouvrait point sa bourse ou bien d'un geste lent, simulant de payer, il ne pouvait  jamais car d'autres plus rapides  l'avaient fait avant lui . Il ne voyait pas quand ses vaches paissaient dans le pré du voisin , mais il voyait très bien quand celles des autres  tondaient quelques touffes qui lui appartenaient. Il était très avare et l'on disait de lui , comme pour s 'en moquer  "qu'il eût tondu  un oeuf ou écorché un rat  pour en avoir la peau !"

 

   Qu'importe ! Il était mort. Son fils  était marié et était à la ferme, avec le frère cadet,  "un tonton", qui  aidait bien aux durs travaux des champs .

     C"était à une époque fort lointaine , il est vrai , où existaient encore de nombreux revenants .  Les  nuits étaient troublées  par des âmes errantes qui frappaient aux portes et aux volets de bois . On entendait des bruits , des pas lourds martelant les planchers , des portes qui s'ouvraient et des cris  d'âmes en peine. On voyait des lueurs perçant l'obscurité quand les esprits follets s'approchaient de vous , dans un bruissement d'aîles . A travers les grands prés qu'éclairait la lune,  on pouvait voir passer  , avec un bruit d'enfer , des squelettes recouverts d'un linceul , poursuivis par des bêtes aux  geules  grand'ouvertes . C'était la  chasse maligne . Si  on la rencontrait , il fallait se signer . Nombreux étaient aussi les méfaits de ce monstre : la bête" pharamine ".  Les spectres , pourtant immatériels étaient à cette époque des êtres bien réels. On se sentait  peu sûr : l'au-delà  était là , ou bien c'était  l'enfer.

    Dans la maison de Célestin, au milieu de la nuit depuis bien des années, c'était le même spectacle . A minuit ,cela comm:ençait par un bruit, un choc contre la porte suivi d'un grincement des gonds qui tournaient  : quelqu'un entrait . On attendait ceci car rituellement  dès minuit sonné , la même scène avait lieu . Ensuite c'était des pas, des pas lourds accompagnés d'un   cliquetis de chaînes et du bruit  d'un  objet traîné , d'abord dans la pièce du bas ,puis à l'étable et enfin dans la grange . Les dormeurs réveillés   savaient  que ce bruit qui s'éloignait reviendrait bientôt ,qu'il entrerait icidans ce "gabinet" où ils étaient couchés. Le bruit s'annonçait  en descendant   l'escalier de bois de la grange à l'étable, puis dans le couloir de "l'écurie" . Pour mieux se protéger , on se cachait la tête sous les draps tirés haut, en espérant au moins que le bruit cesserait avant de pénétrer dans cette salle basse . Mais immanquablement,le bruit se rapprochait,  les chaînes  étaient là ; et le plancher craquait .A si le sol au moins  avait été de terre , il eût moins résonné ! Enfin le bruit cessait ...

    Un jour ,Louis ,le fils aîné, chef de la maison  puisqu'il  était marié , osa regarder bien que tremblant de peur . Alors il vit son père mort depuis longtemps . La tête décharnée était reconnaissable ; les pieds traînaient de lourdes  chaînes de fer reliées à un boulet énorme  . Le père était courbé car il était chargé  d'une très lourde pierre portant sur un côté  la marque  d'une croix . C'était bien une borne que le père portait.

    Au cours de sa vie , Célestin , cet homme très avare , lui qui avait toujours "peur de tout manquer" , avait déraciné  les limites des champs pour s'agrandir un peu . Mort , il était condamné  pendant toutes les nuits , avec son attirail  de chaînes et de boulets , à traîner sur son dos , une borne arrachée.


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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 15:06

   

 

                                                           Louis XVII à Eglisolles.....                                        
 

 

 

  L'histoire nous dit que Chomette, le procureur de la commune de Paris avait confié le dauphin  , Louis Charles Capet, à un précepteur nommé Simon qui occupait aussi les fonctions  de conseiller municipal. Un décret ayant interdit  aux représentants du peuple d'exercer une profession , Simon  abandonna son poste de précepteur le 19 janvier 1794,puis  fut guillotiné en juillet 1794 On sait que le dauphin était de santé fragile et qu'il est mort à 10 ans,le 8 juin 1795 au Temple où il était gardé. Ici s'arrête l'histoire du dauphin  et là commence la légende de Blaise   Chomette, alias  Louis XVII.

   Des Louis XVII, on en a dénombré une soixantaine . Tous ont prétendu qu'il y avait eu  substitution d'enfants au Temple. L'un des prétendants à la couronne de France fut l'allemand Naundorff . On trouve des Louis XVII aux Etats -Unis et ....à Viverols aussi....

     La femme de Simon reléguée à l'Hospice des Incurables à Paris , aurait, avant de mourir tout raconté sur Louis XVII. Voici le récit:

    Le procureur Chomette se voyant de plus en plus considéré  comme suspect à  la cause révolutionnaire , par ses propres amis, craint d'être condamné, alors il échafaude un plan d'évasion  pour le jeune dauphin qu'il gardera en otage. Vers la mi-janvier 1794, Simon démissionne de son poste de précepteur, mais avant de partir il offre à son protégé, le dauphin , un cadeau d'adieu. c'est une cheval en carton. Dans le cheval, comme dans celui de Troie, se tient caché un enfant muet. Le ménage Simon quitte le Temple où il était logé . Il entasse le mobilier sur une charrette et emmène avec lui l'enfant Capet enfoui dans une corbeille à linge sale. Pour être plus vraisemblable, la légende raconte  qu'un révolutionnaire s'approche de la charrette mais sa curiosité  est vite arrêtée  par la femme Simon  qui lui tient des propos peu amènes.

     L'enfant muet est retiré de sa cachette et Simon présente  "Charles Capet " à ses nouveaux gardiens auxquels il offre à boire. De la corbeille  à linge sale , le vrai Louis XVII passe dans un cabriolet à double fond et Genest Ojardias, un thiernois , qui était geôlier  au temple , emmène l'enfant à Eglisolles dans la famille Chomette . Puis Ojardias est assassiné à coups de couteau dans le bourg de Viverols...L'enfant a été conduit dans la ferme de la  Grange qui se cache dans un repli de terrain ,à 1000 m d'altitude, à quelques 3 km d 'Eglisolles.

     Jean -Baptiste Chomette et sa femme Mariane Duguet vivent là  avec leurs cinq garçons et leurs trois filles, sur une petite exploitation de trois hectares. Avec ce nouvel arrivant, la famille passe de huit à neuf enfants. Les gens d'Eglisolles  sont bien un peu surpris de la présence de cet enfant qu'il n'ont jamais vu auparavant ; de plus le garçon est habillé en fille.  On sait que son prénom est Blaise comme celui du dernier enfant Chomette mais c'est chose fréquente à l'époque....Les gens d'Eglisolles sont encore beaucoup plus surpris quand ils apprennent que Jean-Baptiste a acheté une ferme de quarante hectares à la  Gaillarderie pour ses deux fils aînés et des immmeubles à Lyon  pour les autres enfants. Où a-t-il pris l'argent ?

     Les aînés s'installent dans la nouvelle ferme avec Blaise, alias Louis XVII qui bientôt devient voiturier et cocher à Viverols; on sait de lui que sa première femme mit au monde cinq enfants dont trois survécurent. Sa deuxième femme fut Mariane Macheboeuf dont il eut trois garçons  et deux  filles. La légende veut qu'il aît eu le nez "tord" et qu'il aît habité à Viverols avec sa première épouse puis  à Bouteyras , dans la maison de sa deuxième épouse.

    Un détail  encore : la surprise du curé qui au momment de l'enterrement  de ce Blaise Chomette ne trouve pas l'acte de baptême  mais accepte cependant  l'inhumation religieuse dans l'ancien cimetière  de Viverols, au quartier du Ruisseau .

     Les esprits chagrins se demanderont pourquoi Blaise Chomette, alias Louis XVII, n'a rien dit sur son passé après la Révolution. Enfin une dernière  interrogation  : pourquoi l'autre Chaumette , le procureur n'a-t-il pas proposé son otage en échange de sa grâce, au moment du procès à l'issue duquel il fut condamné à mort et éxécuté en  1794 ?

 

  Au point de vue historique  , on sait que le chirurgien  Philippe-Jean Pelletan, en juin 1795 a pratiqué une autopsie  et a prélevé  le coeur  du jeune défunt .

Le corps  aurait été  inhumé au cimetière Sainte Marguerite. Mais on ne l'a jamais retrouvé .

Quant au coeur lui même  , il a été placé  dans l'alcool et gardé dans différents endroits. Il est depuis  1975 dans la chapelle des Bourbons , dans la crypte de la basilique  Saint Denis  où sont inhumés ses parents.

   En l'an 2000, des analyses  génétiques ont comparé les ADN de ce coeur et des cheveux de Marie-antoinette sa mère. Ainsi a été établi formellement  que ce coeur est bien celui de Louis XVII.

Le récit d'Eglisolles est donc bien une légende . Utile cependant  puisqu'elle   permet de se faire une  idée sur la mentalité de la société, à cette époque, une idée de la conception monarchique du  pouvoir, dans cette campagne reculée.

     

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 16:01

 

  oulette

 

 

 

Il y a bien longtemps, dans ce lieu élevé qu'on  appelle La Chaulme, se trouvait une croix  de granite solide et élancée, érigée au sommet de la verte colline, une croix qu'on voyait de Saillant, de Laffix et de Viverols aussi; et chacun l'appelait "la grand'croix de l'Oulette".

    Elle avait un pouvoir  très utile ici bas : qu'une femme battue par un mari ivrogne, y vint pour prier ou qu'un  homme souffrant des humeurs violentes d'une épouse acariâtre suppliât la croix d'arranger son ménage, les miracles avaient lieu d'une façon certaine, dans les jours qui suivaient. Un grand christ cloué sur cette pierre dure semblait vous regarder  et paraissait vivant.

    Des jeunes qui passaient , pour faire les fanfarons, jetèrent en direction  du monument pieux, quelques horribles jurons  déplacés en ces lieux . Mais l'un d'eux trébucha , se blessa à la jambe, et il traina le pied une quinzaine entière.

     Non loin de là, vivait, au château  de la Chaulme, un seigneur fort cruel, corrompu et pervers. Il battait ses sujets,n'hésitait point à tuer les pauvres paysans  qui tardaient  à payer la dîme et le champart. Sa femme était morte depuis six mois à peine, morte dans les tourments qu'il lui faisait subir.  Notre homme malfaisant se remaria  bientôt avec une étrangère qui venait de très loin, de la Bohème même, femme sans religion  , venimeuse, satanique , détestée par chacun , mais belle à faire damner le plus dévot des hommes.

     Alors ce ne fut au château de la Chaulme que ripailles multiples, que sabbats  endiablés, et qu'orgies démoniaques. On voyait des lumières par les fenêtres hautes  durant toutes les nuits et un bruit infernal emplissait la campagne agaçant les chiens  qui jappaient à la mort dans les fermes alentour.

     Pour que cela cessât, le curé du village s'enferma dans l'église et pria jours et nuits; les femmes récitèrent de nombreux chapelets en se signant souvent. Mais la vie de luxure continuait de plus belle, les bacchanales immondes s'entendaient au loin. Ce n'était que clameurs, gémissements , huées, sur un fond de musique enragée , discordante.

    Bientôt l'argent manqua. On doubla les impôts. On mit aux fers  ceux qui ne pouvaient payer. On fouilla les chaumières  pour chercher quelques liards que l'on aurait cachés; mais on dut convenir que plus un sou vaillant n'existait  à  La Chaulme. Le couple seigneurial ne voulait point cesser ses fêtes débordantes qu'il trouvait idylliques. On appela le diable.

      Les douze coups  de minuit venaient  juste de  sonner, la  nuit était profonde, pas une étoile au ciel; la neige recouvrait la campagne endormie ; au  loin on entendait dans les forêts obscures les hurlements des loups . Belzébuth  arriva  dans une odeur de soufre fortement prononcée, entouré d'un nuage qui le cachait à peine, déguisé en jeune homme bel et bien habillé. L'entretien eut lieu  dans une chambre basse soigneusement gardée  par des soldats armés. Méphistos fut, ma foi fort aimable et mielleux . Il comprenait fort bien  qu'on eût besoin d'argent  : les  plaisirs sensuels et les jeux interdits avaient un très haut prix. Satan promit qu'il veillerait  lui-même à ce que le grand coffre fût d'or bien garni. "Vous pourrez , dit-il , au seigneur bestial , puiser à votre guise , j'aurai toujours  pour vous de belles pièces sonnantes, mais en contrepartie il faut m'accorder ce que je vais de suite  , à vous , vous demander. Mon ennemi terrible  est Jésus sur les croix. Ces croix sont de partout, sur les bords des chemins, sur les rocs escarpés,au croisement des sentes , il y en a partout.  Alors , que vous ayez en main un bâton, une épée, vous en frapperez toute croix rencontrée;"

      Le scélérat seigneur trouvant  l'affaire drôle et puis fort bien payée promit d'exécuter le souhait de Belzébuth.

      Tout le pauvre monde  habitant les chaumières était scandalisé chaque fois qu'il voyait le seigneur brigand s'acharner sur les croix en criant des jurons.  La scène terminée, chacun se signait  en cachette du sieur  qui l'aurait mis à mort. Le coffre regorgeait  du métal précieux . Heureux était le couple cruel et damné. et la vie maléfique continait au château, une vie indécdente , obscène  et lubrique.

     Un jour cependant , qu'il passait à cheval près de la grande croix , celle qu'on appelait la grand'croix de l'Oulette, les oiseaux arrêtèrent leur chant dans la forêt, un nuage cacha le soleil qui brillait, on entendit au loin une cloche funèbre. le seigneur dégaina son épée criminelle et vint frapper la croix. Alors il se passa une chose terrible, la terre trembla  très fort comme une feuille au vent.  Le château s'écroula, écrasant sous son  poids  l'étrangère impie, la fille des ténèbres. Enfin un grondement sourd monta des profondeurs  et le rocher s'ouvrit  en un vsate entonnoir ; d'énormes blocs de pierre roulèrent dans l'abîme entraînant avec  eux le seigneur hérétique. Il fut attiré irrésistiblement  dans cette fosse immense où le granite bouillait mélangé  à du soufre, où la silice rouge coulait comme un liquide. Et le seigneur maudit disparut à jamais.

 

    Promeneur, si tu  passes en ces lieux  fantastiques, tu pourras voir encore  d'énormes rochers nus,; le ruisseau aujourd'hui éclabousse les rocs et tournoie dans les "oules". Prends garde aux falaises où le  pied ne tient guère , car le gouffre est  tout proche, on le dit insondable: deux boeufs et leur fardier un jour ont disparu, engloutis pour toujours; et sache que si tu lances une pierre dans ce creux titanesque, elle tombera toujours , car cet antre est  sans fond.


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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:56

pendu-copie-1.jpgCette légende se situe en Livradois- Forez, dans la région de  Viverols.

 

    Il était  deux châteaux  aux allures altières. Tous deux au bord de l'Ance et tous deux  bien construits. L'un était Moncelard et l'autre  Bostfranchet. Souvent les seigneurs de ces fières demeures se livraient  des batailles  pour des choses futiles.

   Mais un projet naquit, source de paix certaine. A Bostfranchet  vivait une enfant fort vilaine et bossue et qu'on nommait Alyse.  Moncelard ,  par contre, avait un beau  jeune homme  ayant Guy  pour prénom . Les seigneurs de ces lieux  trouvèrent fort logique et digne de raison  de marier ces deux jeunes d'âge correspondant. Les fiefs étaient semblables  mais non point les beautés des futurs épousés.

    Sieur Guy de Montcelard hésitait bien un peu  et craignait les lazzis et les propos moqueurs du peuple paysan assemblé au passage du cortège nuptial, un peu trop remarquable. Et pourtant le domaine doublerait aisément.....Oui , ils s'uniraient décidèrent leurs pères ; le cortège aurait lieu , mais on interdirait aux sujets, aux manants, de sortir de chez eux, le jour du mariage. Ceci fut annoncé  sur les places publiques. Chacun fut averti que la curiosité serait payée fort cher si on était surpris.

     Le mariage eut bien lieu . Derrière les huis, évidemment bien clos, par les fentes des ais plus d'un vit le spectacle, sans être vu lui-même,heureusement  pour lui. A  Saillant, cependant , un brave savetier s'était tout simplement caché derrière l'arbre qui ornait la grand'place. La cache était mauvaise , il y fut découvert et sans tarder pendu aux branches du tilleul. Il avait un enfant qui devint orphelin et vécut pauvrement  de charité publique.

     Et les années passèrent.

     Alyse , la bossue, mit au monde au château, un gros et beau  garçon  que l'on nomma Gontran.  Son père était heureux de voir son fils grandir , jouer, s'ébattre autour du manoir ancestral.

      Mais un malheur advint. L'enfant , tout jeune encore -il n'avait point cinq ans - mal surveillé sans doute , disparut dans  les bois  proches de  Moncelard . On le crut égaré, on chercha, on fouilla la forêt, masures en ruines , halliers , mares stagnantes et les trous profonds où  l'Ance tourbillonne.  Mais d'enfant nulle part.

 

                 La vie continua cependant dans la sombre demeure .Une vie triste  et lugubre désormais sans attrait. La mère inconsolable et de santé fragile mourut rapidement. Le père chercha l'oubli dans les armées royales. Il guerroya au loin  et resta  des années hors de la terre  d'Auvergne

 

       Longtemps, longtemps après - après trois lustres au moins - le seigneur Guy revint en son château. En ces temps , il n'était question  dans tout le Val d'Ance que d'attaques, de pillages des maisons bourgeoises mais des châteaux aussi. Des brigands bien armés rançonnaient la campagne, dévalisaient les nobles, volaient dans les églises. Il fallait réagir et dans de courts délais. Les seigneurs alentour tinrent conseil et s'unirent pour détruire par l'épée ces rudes malandrins. La troupe seigneuriale sortit plusieurs fois  recherchant  les vauriens qu'elle ne vit jamais au cours des chevauchées.

       Mais un jour , il advint qu'un mendiant arriva dans la cour du château de Bostfranchet. Le seigneur de ces lieux voulut bien l'accueillir. Le pauvre ère expliqua  qu'il connaissait le chef de la bande armée si tristement célèbre et qu'il pourrait le faire capturer aisément. Le  pauvre homme souhaitait qu'on pendît le brigand.

       Des soldats se cachèrent dans la forêt-repaire  du terrible malfaiteur. Le mendiant appela . Reconnaissant la voix de son ami fidèle , insouciant, apparut l'homme si redouté. On se jeta sur lui  et il fut ligoté et bien vite conduit  aux prisons du château. Puis il fut condamné, à mort, par pendaison, au tilleul  de Saillant, à une haute branche.

        Et le jour arriva :c'était un bon spectacle dans ces temps éloignés. Le peuple des campagnes était là, assemblé. Dans  ce cas , il pouvait voir la "cérémonie" ! Les seigneurs du pays  , en costume de fête, étaient au premier rang. Le comte de Montcelard, aux cheveux grisonnants, regardait le bourreau faire son horrible office.  Le mendiant aussi assitait à la scène. Il attendit les derniers soubresauts du corps suspendu et puis  il s'écria d'une voix terrible:

 "C'est Gontran , votre fils, seigneur  de Montcelard que vous avez tué. Je  l'ai enlevé quand il avait cinq ans et je l'ai élevé  jusqu'à son âge adulte. Pour avoir seulement regardé un  cortège , mon père fut pendu sur votre ordre cruel; mais je me suis vengé, et votre fils est mort." 

 L'émotion fut trop forte . Montcelard  s'écroula . Le mendiant disparu à jamais dans les bois

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